ELVIS COSTELLO : un enragé pop monte dans le train punk

Il manquait encore à Costello un groupe qui puisse brailler l’accompagnement de ses piques revêches avec un aplomb équivalent. Après avoir enregistré un album entier avec les quatre musiciens de Clover, dans lequel il avait sélectionné ses «chansons les plus directes et les plus agressives», pour «toucher juste – le rythme de l’époque étant comme ça», il a découvert qu’il aurait beau respirer l’attitude d’un punk à canon scié, son groupe n’était constitué que de hippies, pas du tout prêts à braver le genre de clubs où Costello allait devoir jouer pour faire son trou.
Son premier LP encore à l’usine de pressage, Costello s’est lancé dans la tâche ardue de monter un groupe qui puisse faire que ses flèches verbales percent la plus épaisse des peaux. Les Attractions étaient une union inspirée d’expérience et d’intuition. Pete et Bruce Thomas scellaient le beat, couronnés par les accords de l’orgue de Steve Nieve et la guitare saccadée de Costello. Leur son mettait les chansons à nu et donnait à chacune une poussée supersonique. Dès juillet 1977, Costello a commencé à appliquer les leçons apprises en six mois d’immersion dans toute cette plastique punk à un art de la chanson déjà évident dans ses efforts pré-Attractions. Bien que dans l’impossibilité de faire lui-même l’expérience de ces accords souterrains, il était toujours désireux de faire sien ce public.
Elvis Costello:
Je n’avais pas l’argent pour aller au Roxy et voir ce que faisaient les groupes... Je lisais des articles à leur sujet dans le Melody Maker et le NME, comme tout le monde... J’étais marié, j’avais un enfant, je ne pouvais pas prendre de jour de congé. J’ai... pris juste des congés maladie pour faire My Aim Is True. Mais j’ai commencé à écouter les disques qui sortaient... Quand les tout premiers disques punk sont sortis, j’ai soudain commencé
à penser, «Attends – voilà quelque chose d’un peu différent.» [1982]
Quand il a pris du temps pour travailler avec Steve Nieve, cet été-là, les résultats ont été tout de suite plus tranchants que tout ce que pouvait faire Clover. Selon Costello, il a écrit Watching the Detectives «dans les premières vingt-quatre heures d’une écoute continue du premier album des Clash, que je venais juste d’acheter».
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.1 / p. 291-292)

WATCHING THE DETECTIVES (Top of the pops)
En play-back sur les planches de "Top of the Pops", l'émission classique de la BBC pour faire connaître chaque semaine aux populations d'Albion les heureux élus du hit-parade. Et les "élus" de 1977 ne ressemblaient pas à leurs ainés : si Elvis Costello porte bien costume et cravatte, il affiche aussi aussi un sourire narquois de serial killer pas vraiment raccord avec le décor...
Ne manquez pas la présentation détaillée du livre "Babylon's burning" sur le site de son éditeur "Au Diable Vauvert" (possibilité de commande en ligne, sans frais de port pour la France métropolitaine)
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