Hugo Burnham:
Les Américains ont été abasourdis quand on a tourné là-bas parce qu’on rockait dur, plutôt que de se tenir plantés là dans des longs imperméables à avoir l’air malheureux, comme tout bon groupe
postpunk. C’est pour ça qu’on a si bien marché aux États-Unis. La propension à rocker est plus ancrée dans le psychisme des jeunes Américains qu’en Europe. C’est pour la même raison que les
Clash ont eu tant de succès en Amérique.
Gang of Four était particulièrement déterminé à réussir en Amérique, peut-être parce que le funk faisait tant partie de son austérité. Ou bien parce que Gill et King étaient impatients de montrer
à tous les New-Yorkais qui se souvenaient d’eux de l’été 1977 qu’ils étaient dans un groupe. Mais, initialement, Gang of Four n’avait pas signé de contrat pour l’Amérique, ayant vu comment les
choses s’étaient passées pour les autres. À la place, ils ont tracé leur propre chemin, se construisant peu à peu un public.
Andy Gill:
On a enregistré Entertainment! vers mai-juin 1979, et dès qu’on a eu fini, on est allés directement aux États-Unis. On n’avait pas de contrat là-bas à ce moment-là. On avait signé avec EMI,
mais c’était pour le reste du monde. On voulait un autre contrat et toucher un peu d’argent comme ça. Ça a marché, mais l’inconvénient c’est que ça a pris pas mal de temps... On a tourné en
Amérique dans une camionnette, jouant dans des petits clubs devant cent ou deux cents personnes. Ça s’est développé à partir de là.
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.2 / p.528-529)
To hell with poverty (TV live)
Les grands sentiments font rarement de la bonne musique... Et les dance-floors sont une mauvaise tribune pour les discours politiques. Mais toute règle a ses exceptions : Gang of Four, une
voix à gauche toute sur une basse en fusion. Toujours aussi pertinent.
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No wave 1977-1980
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Comme les Clash, les Only Ones n’avaient fait qu’échanger des coups pour rire avec les Yankees cet hiver-là, revenant en septembre pour cogner. Cette fois-ci, ils avaient un tour-support pour
leur randonnée de vingt-six dates, bien qu’ils aient eux aussi été obligés d’accepter une autre idée stupide de CBS. Exerçant son pouvoir contractuel, le label a décidé de sortir un album
«sampler»
(Special View) d’extraits des deux premiers albums anglais – plutôt que de publier le deuxième,
Even Serpents Shine, qui aurait fait l’effet d’une bombe.
Malheureusement, cette tournée américaine s’est révélée particulièrement déprimante pour Peter Perrett, qui semblait prêt à laisser tomber avant la chute du rideau.
John Perry:
Il me semble qu’à un moment, il a perdu ses illusions au sujet des Only Ones. Je pense qu’il avait une vision plutôt simpliste de la façon dont ça se passerait – bang, bang, bang, bang, on va
être énormes. Et il me semble qu’après ça, il n’a plus écrit de grandes chansons.
Le batteur Mike Kellie a une explication plus simple, «Peter... était juste trop défoncé et personne ne lui a donné de claque.»
Quand les Only Ones sont revenus aux États-Unis l’année suivante, pour promouvoir leur décevant troisième album, Baby’s Got A Gun, Perrett menaçait de perdre complètement les pédales. Bien que ne
possédant pas d’arme, il a été reconnu coupable d’agression armée après avoir foncé en marche arrière sur un gardien trop zélé dans un parking de San Francisco. Heureusement, le temps que la
convocation en justice arrive, il était déjà dans l’avion du retour. Mais pour les Only Ones, c’était la fin. Nick Kent a déclaré à la biographe de Perrett, «C’était un beau mec et il avait tout
trop facilement, ça l’a rendu faible.» Kent savait de quoi il parlait…
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.2 / p.526-527)
Another girl, another planet (live)
Ils ont loupés eux aussi a peu près toutes les marches vers la gloire... Ils laissent cependant cette chanson absolument parfaite. Ce n'est pas tout à fait rien...
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No wave 1977-1980
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Après que Lydia (Lunch) m’eut viré de Teenage Jesus, j’ai décidé de monter mon propre groupe. J’avais toujours en tête d’avoir une chanteuse et pendant un moment j’ai eu la petite amie d’Alan
Vega. Elle avait un petit synthé bricolé... Puis j’ai eu une autre fille... Finalement je me suis dit, “Au diable ces filles, je vais chanter.” J’ai décidé que si Richard Hell pouvait le faire,
je pouvais le faire.» Le groupe formé par Chance, les légendaires Contortions, n’était pas aussi abrasif que Teenage Jesus; mais il comprenait une autre conspiratrice venue de Cleveland, Adele
Bertei, qui avait cofondé le dernier groupe de Laughner, Peter & the Wolves, avant d’arriver à Manhattan.
James Chance:
Je voulais quelque chose de dansant qui toucherait un public plus important que les seuls gens du monde de l’art. Ça ne serait pas un concept aussi élevé que Teenage Jesus... Je voulais que ce
soit absolument sans compromis, mais je ne voulais pas le rendre «barré» au point de n’avoir aucune chance... Après que Lydia eut quitté l’appart’, Bradley et elle ont trouvé en endroit sur
Delancey... J’y ai rencontré Adele... Elle avait fait partie de groupes à Cleveland... Je lui ai dit qu’elle allait jouer de l’orgue.
Le premier concert des Contortions a eu lieu le 4 décembre 1977 chez Max’s. Au départ, pourtant, la formation était extrêmement vague, Chance et Bertei étant les seuls à tenir la baraque au
niveau musical. À différents stades, elle a aussi compris un batteur japonais, une guitariste britannique et le batteur du groupe de jazz de Chance, Steve Moses, qui n’a donné qu’un concert.
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.2 / p. 519-520)
I can't stand myself (live)
Funk blanc bruitiste? Free jazz deviant? Trente ans plus tard, les étiquettes correctes manquent à l'appel pour qualifier les prestations extravagantes du petit prince de la "no wave"
new-yorkaise, mise en lumière par brian Eno lui-même, qui réalisa une compilation (No New York) autour des groupes de cette étrange galaxie, troisième génération du punk de la Grosse
Pomme.
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