Lundi 11 février 2008
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Dès 1979, la tension du «leadership» faisait des ravages. Comme l’a dit Wobble, Lydon était «soumis à une grosse pression. Je vois maintenant, à certains égards, des signes classiques de dépression. Il passait énormément de temps silencieux, à regarder des vidéos, pendant des heures. Je me souviens avoir pensé à l’époque, “Putain, John, allez!”» La dépression avait peut-être une source plus immédiate – le décès de sa mère d’un cancer – qui, au printemps 1979, a également donné naissance au vrai chef-d’œuvre de PiL, Death Disco, résultat du chagrin cathartique de Lydon et de la riche imagination instrumentale de Levene, directement branchés sur l’époque.

Keith Levene:

La mère de John était en train de mourir d’un cancer, et tout ça était un peu lourd, je suppose, pour tout le monde. C’est ce que chantait John – avec beaucoup de passion, je dois dire... Je jouais un accord de mi et c’était comme de briser du verre au ralenti... Tout le truc était en mi. C’était très ouvert, parce que tout était littéralement sur une note. Je me suis rendu compte que l’air que je massacrais par erreur était Swan Lake (Le lac des cygnes). J’ai commencé à le jouer sciemment, mais de mémoire... Quand il s’arrêtait de chanter, je jouais Swan Lake. Quand il recommençait, je revenais au truc harmonique et je le développais. [PSF]

Sorti à la fois en format punk 45 tours et en maxi dans une version de six minutes et demie au son sensurround, Death Disco est apparu au terme d’un hiatus de six mois qui n’avait été interrompu que par un unique concert à Manchester. À ce moment-là, certaines personnes avaient rattrapé leur retard et le single a été accueilli par une série étonnante de critiques élogieuses, Roy Carr se demandant pour nous dans le NME, «Que doit-on faire de Death Disco? N’est-ce qu’une nouvelle escroquerie?... Est-ce que, comme certaines personnes l’affirment avec insistance, PiL est incapable d’écrire des chansons?... Eh bien, la question de savoir s’il s’agit d’un canular ou d’une indication du futur reste ouverte. Mais ça existe, ça agace, ça intrigue. Vous ne pouvez pas faire autrement que de continuer à l’écouter. Mission accomplie.»


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.1 / p.485-486)


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Death Disco (clip)

Avec Keith Levine (membre du Clash original) à la guitare, Jah Wobble à la basse, PIL était presque un "super-groupe"... Que Johnny Rotten redevenu John Lydon sabordera plus ou moins consciemment. Non sans laisser quelques albums (dont le mythique Metal Box) parfaitement recommandables...




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par getfever publié dans : Postpunk 1979
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Lundi 28 janvier 2008
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Geoff Travis (patron de Rough Trade):


Les Stiff Little Fingers sont entrés dans les charts et ont vendu beaucoup de disques, et ça nous a donné confiance pour devenir un label. Il y avait eu quelques années de dur labeur comme distributeurs avant le début du label, donc, à l’époque où l’album de SLF est sorti et s’est vendu à cent mille exemplaires, on savait qu’on était tout à fait capables de faire ça – même si on n’avait alors aucune idée du fait qu’il faut faire signer un contrat aux gens, au cas où ils disparaîtraient ou bien dans celui où quelqu’un de plus gros arriverait et les embarquerait.

Rough Trade avait parfaitement minuté son intervention. Travis pense que, «Si on avait commencé un an plus tôt, on peut penser qu’on aurait sorti les disques des Clash – plutôt que ceux de la nouvelle génération.» Mais celle-ci était taillée dans un bois différent. Pour elle, l’indé était bon, les majors étaient mauvaises. Et c’étaient des contrats comme celui qu’avait signé les Clash qui en avaient amené beaucoup à penser ça. Comme l’a dit Travis au Melody Maker, le mois de la sortie d’Inflammable Material :  "Rough Trade a cette chance de proposer un juste milieu important. Aujourd’hui, on a des gens qui font des choses intéressantes, qui font de la musique, et qui n’ont pas tellement d’endroits où aller. Traditionnellement, ils ne peuvent qu’emprunter cet entonnoir très étroit qui conduit à la célébrité. Ce qui est primordial... c’est de se débarrasser de cette idée selon laquelle il est important d’être une star, et il faut élargir l’entonnoir, pour qu’il contienne le plus de gens et d’idées possibles." – MM2/79.

Dans un climat aussi fertile, il n’était pas difficile de signer des groupes. Comme le fait observer Travis, «Notre troisième disque, c’était Cabaret Voltaire – parce que Jon Savage avait écrit une critique incroyable de leur bande démo qui a éveillé notre intérêt, alors on est allés les voir... On était dans une position formidable – la distribution était un vrai point de rassemblement – des musiciens venaient nous voir et nous donnaient leurs bandes.»
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.1/ p. 495-496)


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Nag Nag Nag (clip)

Sheffield, dont Cabaret Voltaire est originaire, c'est vriament ce qu'on fait de pire en Angleterre au rayon "paysages industriels désolés". Vous trempez cet environnement dans une dose de référence arty (le Cabaret Voltaire original, à Zurich, est le berceau du mouvement Dada), vous ajoutez une louche de video art primitif, une pincée de synthés et de boîtes à rytmes, et vous obtenez un des  plus beaux bébés de la naissante "new wave"




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par getfever publié dans : Postpunk 1979
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Dimanche 20 janvier 2008

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De nouvelles preuves que la scène punk de Liverpool auparavant latente avait passé les deux dernières années à s’armer de courage pour affronter le postpunk et/ou à voler des synthés ont été fournies par un autre single sorti en 1979. De façon assez impertinente, Electricity était publié par le label indé de Manchester, Factory. L’entrée d’OMD dans les annales du postpunk était un disque parfait pour Factory, à part qu’il était l’œuvre d’une bande de gars de Liverpool. Leur sensibilité pop ferait que quand ils atteindraient les charts avec Messages, au mois de mai suivant, ce serait sur leur propre label, DinDisc.
Avec le départ d’OMD, Factory était au moins en position de se concentrer sur la scène musicale de Manchester. Tony Wilson, son fondateur, s’imaginait encore comme une sorte de Bob Last; son approche de la création d’un label reflétait franchement ce qu’avait fait Last avec Fast Product, ce que Wilson a complètement admis devant Ian Wood en mars 1980, peu de temps avant que la mort de Ian Curtis ne modifie sa vision du monde.

Tony Wilson:

J’ai pensé que... Bob Last... avait prouvé qu’on pouvait le faire, que ce n’était pas si difficile [de monter un label]... On s’est donc mis au boulot, pensant sortir un sampler et voir ce qui se passerait... Manchester, je le savais, était la ville musicale la plus importante du monde, plus vivante que Londres. Et... elle avait besoin d’un nouveau label!... Ma mère m’avait laissé un peu d’argent et quelques Sicav. Le sampler a coûté en tout trois mille six cents livres, j’ai laissé les recettes dans la caisse et vendu les Sicav pour payer l’enregistrement de l’album de Joy Division... L’idée était de sortir un album... qui serait à sa façon aussi important et aurait autant de succès que Stiff Little Fingers, ce qui est le cas, à bien des égards. [1980]

Wilson, farouche régionaliste, était très dédaigneux de «ces idiots de Londres» (son terme pour désigner les majors en août 1979). Il voyait Factory comme «une attaque du music business – pour leur montrer que nous faisons [bien mieux] ce qu’eux sont suppo- sés faire... et c’est pourquoi nous voulons être dans les charts... Je joue avec la culture pop».


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.1 / p. 505-506)


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ELECTRICITY (vintage clip)

On peut raisonablement affirmer que ce single est le premier disque du genre "electro" à atteindre les charts. Kraftwerk avait livré le mode d'emploi, OMD, plus pop et plus mignons, raflèrent la mise






Ne manquez pas la présentation détaillée du livre "Babylon's burning" sur le site de son éditeur "Au Diable Vauvert" (possibilité de commande en ligne, sans frais de port pour la France métropolitaine)

par getfever publié dans : Postpunk 1979
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