Samedi 9 février 2008

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En 1976, Genesis commençait à penser qu’il devait revenir dans l’arène rock/performance sous une forme nouvelle et provocatrice. En avril 1976, accusé d’obscénité (ce ne serait pas la dernière fois), il a déclaré au tribunal, «Je veux faire partie de la culture populaire, engagé dans la vie de tous les jours; pas être un artiste intellectuel, dans une tour d’ivoire, pensant que je suis spécial, révéré et monumental.» Le premier concert de TG– en juillet de cette année-là – avait été annoncé avec cette déclaration, «La musique de 1984 est arrivée.» Le show de l’ICA devait apparemment signifier la fin de COUM, et le retour des idées de Genesis vers un média populaire. Il ne serait pas le seul à penser pouvoir greffer son concept sur l’énergie brute du punk.

Genesis P. Orridge:

À l’ICA, la soirée d’ouverture était destinée à être une déclaration: nous sommes maintenant Throbbing Gristle et pas de l’art... Maintenant, nous allons prendre ce que nous avons fait en tant qu’artistes actifs – et toutes nos idées – mais nous voulons utiliser le son... Les punks à l’ICA ont pensé que les chansons étaient effrayantes. John Towe a dit qu’il pensait qu’à la fin j’allais me pendre. [1978]

Bien que TG aient manifestement cru qu’ils faisaient quelque chose de radical, Tony Parsons, duNME, dans son compte-rendu, dépeignait «leur, euh, musique» comme «des tas de sons psychédéliques étranges enregistrés s’enroulant au hasard autour de claviers joués avec un doigt, une guitare solo qui aurait fait honte à Patti Smith, et une basse débile». Si leur intention était – comme l’affirme Cosey – de «démolir le truc rock & roll», Subway Sect avait déjà revendiqué ce territoire. Peut-être Genesis et Cosey auraient-ils dû également assister au Lord’s Prayer du 100 Club, œuvre de deux membres de leur public, Steve Severin et Siouxsie Sioux. En fait, ce serait la photo de Steve et Siouxsie qui accompagnerait un article de tabloïd sur le show de l’ICA, qualifiant ceux qui étaient présents ce soir-là de «destructeurs de civilisation». S’ils avaient su.

P. Orridge dépeindrait par la suite TG comme «littéralement une expérience... Montons un groupe. Donnons-lui un nom réellement inapproprié. N’ayons pas de batteur, parce que les groupes de rock ont des batteurs. N’apprenons pas à jouer de la musique. Mettons-y beaucoup de matière– en termes de mots et d’idées. Donc... Nous avons rejeté tous les paramètres habituels d’un groupe en disant, “Ayons du fond, de l’authenticité et de l’énergie. Refusons de ressembler à n’importe quoi d’acceptable comme un groupe ou de jouer comme eux.”» Çaressemblait beaucoup à un croisement entre Suicide et Subway Sect. Le point de vue ultérieur de Cosey sur TG serait plus humble, «TG a commencé comme une blague... On savait qu’on leur envoyait beaucoup de n’importe quoi sonore, juste pour les faire sortir de leurs attentes dans la musique.»

TG devrait repenser son approche s’il voulait croiser le nouveau mouvement. Absorbé par le scandale entourant Prostitution– des députés demandaient qu’on reconsidère la totalité du financement de l’ICA–, TG serait dans l’incapacité de donner d’autres shows avant l’année suivante.


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p.164-165)


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Discipline (live)


On peut difficilement porter plus loin le concept d'agression sonore. Mais les amateurs d'insupportables furent légions, si on considère le nombre d'avatars pluds ou moins inspirés de TG désignés sous le nom d'Indus pendant les deux décennies qui suivirent...




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Dimanche 3 février 2008

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L’enregistrement et la sortie de New Rose (des Damned) annonçaient un changement de direction significatif pour Stiff, qui, observe Wreckless Eric, «avait en partie été fondé pour publier de nombreux live de groupes de pub-rock enregistrés à l’Hope’n’Anchor». Après que plusieurs singles dus à des vestiges de cette scène, comme Tyla Gang, Roogalator, Plummet Airlines et Lew Lewis, n’eurent créé qu’une vaguelette dans l’océan des magasins de disques, il était urgent de revoir la question. Heureusement pour Rivera et son associé, Dave Robinson, «La scène musicale était en train de changer et tant de gens nouveaux arrivaient... que les trucs pub-rock ont été enterrés et oubliés.»

Telle était la situation quand le jeune Eric Goulden, un ex-étudiant en art de Hull, s’est pointé aux bureaux de Stiff au mois d’octobre avec une cassette de chansons originales.

Eric Wreckless :

J’avais décidé que je préférais jouer de la musique plutôt que de m’excuser de faire des sculptures merdiques... Je suis descendu à Londres parce que je pensais que j’étais un peu largué à Hull... Je pensais que Stiff devait avoir un grand bureau dans un immeuble de bureaux, tu sais. Mais quand je suis arrivé, il n’y avait que cette minable petite devanture de magasin, pleine de gens. Alors je suis entré... et j’ai juste dit, «Je suis un de ces connards qui apportent des bandes aux maisons de disques.» [1977]

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p.150-151)


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A pop song (clip)

Classé dans le tiroir "punk" pour son affiliation a Stiff Records, Wreckless Eric n'a jamais été vraiment autre chose qu'on pub rocker. Mais cette satyre délicieuse méritait bien une inclusion sur ce blog!




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Lundi 21 janvier 2008

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Même si Rivera, le patron de Stiff, personnifiait le pub-rock, il possédait déjà l’attitude punk. Paul Riley l’a raconté à Will Birch, «Ça ne dérangeait pas Jakeman de se retourner vers les gens et de leur faire “Allez vous faire foutre!” C’était une phrase que je pouvais comprendre. J’en avais jusque-là des hippies, et de tous ces “OK mec, c’est cool, ne t’en fais pas,” ce genre de conneries. Jakeman a commencé à faire avancer les choses.» Quand il a parlé aux Damned dans le bus revenant de France, il a senti que Czekowski ne resterait plus très longtemps avec eux, et qu’une association avec l’un de ces nouveaux groupes punk aux dents longues donnerait à Stiff une crédibilité qui lui faisait encore défaut.
Le «charme» rugueux de Jake a impressionné les Damned. Brian James reconnaît, «On ne voulait pas glander. Avec Jake, c’était, “Signez ça et on sort le disque dans deux semaines.” Il avait beaucoup d’allure. On a pensé... “Qu’est-ce qu’on a à perdre?”» Pour conclure l’affaire, le groupe s’est rendu à l’appartement que partageaient Lowe et Rivera.

Rat Scabies:

Ils avaient acheté un bidon de vingt-cinq litres de cidre pour faire des économies et il était là, posé sur la table... Lowe trouvait toujours qu’on était le pire groupe qu’il ait vu depuis les Sex Pistols, mais il pensait que ce serait marrant de nous produire.

Évidemment, il n’a fallu au torcheur-en-un-jour qu’un après-midi – celui du 17 septembre 1976 – pour enregistrer New Rose et sa face B, Help.

 

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p. 149-150)


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NEW ROSE (vintage clip)

Pendant qu’EMI tergiverse pour sortir le premier single des Sex Pistols, Stiff Records décroche donc le pompon honorifique du « premier single punk » : New Rose. (C’est ce nom qui sera choisi par un label français, mais ceci est une toute histoire…)  La vidéo promo visible ci-dessous a vraisemblablement été faite, elle auss,i en un après-midi…






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Vendredi 11 janvier 2008

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Tout semblait encore se dérouler selon le plan dans les jours précédant la tournée Anarchy in the UK, qui devait commencer le 3 décembre.
Mais deux jours avant, les Pistols se sont retrouvés, pour l’émission Today, sur Thames TV, face au plus antipathique de tous les interviewers qu’ils avaient croisés à ce jour, Bill Grundy, qui essayait laborieusement de leur faire admettre qu’ils étaient de la merde, et quand ça n’a pas marché, d’au moins leur faire prononcer le mot. Quand il s’est mis à draguer Siouxsie Sioux, qui se tenait derrière le groupe pour donner un peu de couleur locale, Steve Jones l’a traité de «sale connard» et le monde a été mis sens dessus dessous, même si personne ne l’a compris sur le coup. En fait, après que l’émission en direct eut rendu l’antenne, les téléphones ont commencé à sonner, des gens voulaient exprimer leur indignation, et une imperturbable Siouxsie «décrochait... et leur disait d’aller se faire foutre... Mais Malcolm était dans tous ses états. Il était convaincu qu’on avait tout foutu en l’air. Je ne pense pas qu’il ait jamais vu l’intérêt de bien se marrer».

Si McLaren était un homme inquiet le soir de Grundy, il s’est rapidement repris. Convoqué par le dirigeant d’EMI, Leslie Hill, pour «expliquer» les actes de sa progéniture, il a dit au gratte-papier perplexe, «Je ne vais pas les contrôler, je ne veux pas les contrôler, et je ne peux pas les contrôler. Ils doivent faire ce qu’ils doivent faire.»
Le label avait sans doute pensé qu’Anarchy in the UK était une sorte de jeu de mots, pas un manifeste. Devant le refus des usines de continuer à presser le disque, sans parler de le distribuer, Rotten a fait comprendre ce qu’il pensait du label  et de ses employés.

Frank Brunger [label manager]:

Johnny Rotten a mis un point d’honneur à ne parler à personne chez EMI. Je pouvais être dans la même pièce que lui, à parler aux autres Pistols... mais soit il m’ignorait complètement soit, au mieux, il me lançait un flot d’insultes.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p. 174-175)

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LES SOURCES DU SCANDALE

A revoir ces images, on a presque du mal à comprendre comment un scandale phénoménal (largement relayé par les tabloïds) a pu naître de ces trois gros mots presque innocents au regard de la trash TV contemporaine... Voyez-vous même : c'est sous-titré en français!





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par getfever publié dans : Premiers vinyles (9/76 - 12/76)
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Si vous avez raté le début...

Babylon's Burning!

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