Dès 1979, la tension du «leadership» faisait des ravages. Comme l’a dit Wobble, Lydon était «soumis à une grosse pression. Je vois maintenant, à certains égards, des signes classiques de
dépression. Il passait énormément de temps silencieux, à regarder des vidéos, pendant des heures. Je me souviens avoir pensé à l’époque, “Putain, John, allez!”» La dépression avait peut-être une
source plus immédiate – le décès de sa mère d’un cancer – qui, au printemps 1979, a également donné naissance au vrai chef-d’œuvre de PiL,
Death Disco, résultat du chagrin cathartique de
Lydon et de la riche imagination instrumentale de Levene, directement branchés sur l’époque.
Keith Levene:
La mère de John était en train de mourir d’un cancer, et tout ça était un peu lourd, je suppose, pour tout le monde. C’est ce que chantait John – avec beaucoup de passion, je dois dire... Je
jouais un accord de mi et c’était comme de briser du verre au ralenti... Tout le truc était en mi. C’était très ouvert, parce que tout était littéralement sur une note. Je me suis rendu compte
que l’air que je massacrais par erreur était Swan Lake (Le lac des cygnes). J’ai commencé à le jouer sciemment, mais de mémoire... Quand il s’arrêtait de chanter, je jouais Swan Lake.
Quand il recommençait, je revenais au truc harmonique et je le développais. [PSF]
Sorti à la fois en format punk 45 tours et en maxi dans une version de six minutes et demie au son sensurround, Death Disco est apparu au terme d’un hiatus de six mois qui n’avait été interrompu
que par un unique concert à Manchester. À ce moment-là, certaines personnes avaient rattrapé leur retard et le single a été accueilli par une série étonnante de critiques élogieuses, Roy Carr se
demandant pour nous dans le NME, «Que doit-on faire de Death Disco? N’est-ce qu’une nouvelle escroquerie?... Est-ce que, comme certaines personnes l’affirment avec insistance, PiL est incapable
d’écrire des chansons?... Eh bien, la question de savoir s’il s’agit d’un canular ou d’une indication du futur reste ouverte. Mais ça existe, ça agace, ça intrigue. Vous ne pouvez pas faire
autrement que de continuer à l’écouter. Mission accomplie.»
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.1 / p.485-486)
Death Disco (clip)
Avec Keith Levine (membre du Clash original) à la guitare, Jah Wobble à la basse, PIL était presque un "super-groupe"... Que Johnny Rotten redevenu John Lydon sabordera plus ou moins consciemment.
Non sans laisser quelques albums (dont le mythique Metal Box) parfaitement recommandables...
Ne manquez pas la
présentation détaillée du livre "Babylon's burning" sur le site de son éditeur "Au Diable Vauvert"
(possibilité de commande en ligne, sans frais de port pour la France métropolitaine)
par getfever
publié dans :
Postpunk 1979
0
recommander
Voir tous les articles