Vendredi 11 janvier 2008

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Tout semblait encore se dérouler selon le plan dans les jours précédant la tournée Anarchy in the UK, qui devait commencer le 3 décembre.
Mais deux jours avant, les Pistols se sont retrouvés, pour l’émission Today, sur Thames TV, face au plus antipathique de tous les interviewers qu’ils avaient croisés à ce jour, Bill Grundy, qui essayait laborieusement de leur faire admettre qu’ils étaient de la merde, et quand ça n’a pas marché, d’au moins leur faire prononcer le mot. Quand il s’est mis à draguer Siouxsie Sioux, qui se tenait derrière le groupe pour donner un peu de couleur locale, Steve Jones l’a traité de «sale connard» et le monde a été mis sens dessus dessous, même si personne ne l’a compris sur le coup. En fait, après que l’émission en direct eut rendu l’antenne, les téléphones ont commencé à sonner, des gens voulaient exprimer leur indignation, et une imperturbable Siouxsie «décrochait... et leur disait d’aller se faire foutre... Mais Malcolm était dans tous ses états. Il était convaincu qu’on avait tout foutu en l’air. Je ne pense pas qu’il ait jamais vu l’intérêt de bien se marrer».

Si McLaren était un homme inquiet le soir de Grundy, il s’est rapidement repris. Convoqué par le dirigeant d’EMI, Leslie Hill, pour «expliquer» les actes de sa progéniture, il a dit au gratte-papier perplexe, «Je ne vais pas les contrôler, je ne veux pas les contrôler, et je ne peux pas les contrôler. Ils doivent faire ce qu’ils doivent faire.»
Le label avait sans doute pensé qu’Anarchy in the UK était une sorte de jeu de mots, pas un manifeste. Devant le refus des usines de continuer à presser le disque, sans parler de le distribuer, Rotten a fait comprendre ce qu’il pensait du label  et de ses employés.

Frank Brunger [label manager]:

Johnny Rotten a mis un point d’honneur à ne parler à personne chez EMI. Je pouvais être dans la même pièce que lui, à parler aux autres Pistols... mais soit il m’ignorait complètement soit, au mieux, il me lançait un flot d’insultes.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p. 174-175)

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LES SOURCES DU SCANDALE

A revoir ces images, on a presque du mal à comprendre comment un scandale phénoménal (largement relayé par les tabloïds) a pu naître de ces trois gros mots presque innocents au regard de la trash TV contemporaine... Voyez-vous même : c'est sous-titré en français!





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par getfever publié dans : Premiers vinyles (9/76 - 12/76)
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Jeudi 10 janvier 2008

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Au début, l’ambition des Feelgood ne dépassait pas les limites de Southend, et consistait juste à passer un bon moment. En effet, ils n’étaient au courant de rien de ce qui était branché à Londres, à un peu plus d’une heure de là – bien moins loin que Cleveland ne l’est de New York. Quand ils ont effectivement emmené leur son (et leur énergie) dans la vieille capitale, ce qu’ils avaient n’était plus un diamant brut, mais un joyau poli, sûr de briller à côté de la pacotille qui constituait l’essentiel d’une scène pub-rock londonienne stéréotypée. Andrew Lauder, le directeur artistique qui les a fait signer chez United Artists, souligne, «Les Feelgood étaient tellement différents de tout ce qui existait à l’époque.»
C’est un de leurs copains musiciens de Canvey, Will Birch, qui a recommandé aux garçons du groupe d’aller voir les pubs de Londres, «Est-ce que vous vous rendez compte qu’il y a un circuit... où ce genre de truc se passe?» Brilleaux, le chanteur, parlait pour le groupe quand il a dit à Birch, «Ne sois pas ridicule.»  Mais Birch a persévéré, au point de leur trouver un gig au Tally Ho pour prouver ce qu’il avançait. Les Feelgood ont débarqué à Londres pour la première fois le 13 juillet 1973 et se sont retrouvés presque immédiatement dans l’œil du cyclone, le centre d’intérêt général. Apparemment, ils n’étaient pas seuls dans leur désir de ramener le rock à son essence binaire.

Wilko Johnson:

Dr Feelgood est arrivé assez tard sur cette scène pub-rock. Elle était déjà en plein boum... On devait faire ces gigs à Londres, et on est allés voir jouer quelques-uns de ces groupes, ce qui m’a mis en confiance... Ils prétendaient qu’il y avait une scène, jouant un certain type de musique, mais quand tu te pointais, tu ne trouvais qu’une bande de musicos faisant un peu de country, un peu de funk... Dr Feelgood a décollé très vite par ici parce qu’on faisait quelque chose d’un peu inhabituel, d’un peu tordu... On était assez choquants. Personne n’avait vu ça avant! La plupart de ces groupes jammaient – nous, on jouait de façon réellement urgente. Beaucoup d’entre eux étaient connus... mais on venait de Canvey Island, et notre truc était au point à ce moment-là. On avait passé deux ans à écumer les alentours de Southend. Que soudain des types que personne n’a jamais vus se pointent avec «ça» a énormément attiré l’attention.

Pour toute une génération de journalistes rock blasés, les Feelgood ont immédiatement représenté une raison de s’exciter à nouveau. Wilko se souvenait récemment d’une fois où le journaliste du NME, Tony Tyler, est littéralement «entré en trombe un soir au Lord Nelson, nous a dit qui il était et qu’il voulait écrire sur nous. Malheureusement, le NME ne paraissait pas à ce moment-là, en raison d’une grève des éditeurs.


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 1.2 / p. 42-43)

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BACK IN THE NIGHT  (TV live)

Filmé en couleurs (criardes) en 75, Doctor Feelgood impose sur ce titre sa marque de fabrique inimitable et pourtant trop souvent (mal imitée) : la guitare rythmique nette et tranchée de Wilko Johnson. Trois longueurs d'avance aussi pour ce qui concerne la coupe de cheveux. La combinaison des deux fait de Wilko Johnson la parfaite icône proto-punk anglaise.




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par getfever publié dans : Londres 1973-1975
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Mercredi 9 janvier 2008

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Dès octobre 1977, Shelley se plaignait au NME des «gens à Londres qui ne peuvent pas apprécier quelque chose de nouveau et excitant, simplement parce que ça n’a pas été jugé branché.» Refusant d’abandonner son «pays», il a plus tard déclaré à une équipe de documentaire, «Être à Manchester nous a aidés à maintenir notre propre identité et aussi à la construire.» Le reste du groupe n’était pas aussi amoureux de la pâleur postindustrielle de Manchester. Diggle, dans son autobiographie: «Manchester était un bon endroit où vivre à l’époque si on voulait rester échoué. C’est probablement pour ça que j’ai suggéré qu’on déménage tous à Londres... mais les bottes de Shelley étaient fermement collées aux pavés.»
La décision de se retrancher «dans le nord» n’a certainement pas rendu service aux Buzzcocks au moment de trouver un contrat discographique. (…)
Ayant appris la réalité de la gestion d’un label, même petit, avec le succès de Spiral Scratch– qui finirait par dépasser les vingt mille exemplaires vendus –, le groupe est revenu de la tournée White Riot prêt à examiner les offres des maisons de disques. Très vite, l’évidence est apparue qu’il aurait à choisir entre Andrew Lauder chez United Artists et le cash offert par CBS. Comme le dit Diggle, «La situation des Clash nous a dégoûtés de CBS, parce qu’on savait  qu’on se heurterait aux mêmes conneries bureaucratiques qu’eux.»
Ce serait United Artists – faisant des Buzzcocks le troisième groupe à l’affiche du Screen on the Green à signer avec une major – malgré l’intervention tardive de la plus grosse gâchette de CBS.

Richard Boon:

On se sentait à l’aise avec Andrew Lauder. Le jour où on allait signer avec UA, Maurice Oberstein, le patron de CBS Angleterre, m’a téléphoné, et j’ai dû tenir le téléphone à un mètre de mon oreille. Il disait, «Qu’est-ce que vous faites? Qu’est-ce que vous voulez?» et moi je disais, «Votre directeur artistique n’a pas voulu de nous.» Il y avait un plan de sorties avec UA. Le premier single serait Orgasm Addict, qui était un peu la chanson punk. L’autre face serait un peu plus poppy. Le deuxième single serait What Do I Get, qui était plus pop, avec le punky Oh Shiten face B... Le contrat n’était pas particulièrement bon. On ne savait pas ce qu’on faisait.

La stratégie orientée single, prévoyant trois 45 tours puis un album, était astucieuse – comme l’étaient tous les singles qu’ils ont commencé à sortir, à partir d’octobre 1977 avec Orgasm Addict/Whatever Happened To?. What Do I Get?/Oh Shit, puis I Don’t Mind Autonomy, ont également précédé le premier album en février et mai 1978, mais sans troubler les charts, malgré leurs évidentes qualités pop et un dossier de presse rempli de critiques élogieuses.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.2 / p. 322-323)

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WHAT DO I GET? (live at Electric Circus, 1977)

Buzzcocks, à lui seul, a inventé la mythique scène de Manchester. En organisant le premier concert des Sex Pistols à Manchester à l'été 1976. En ouvrant la voie à l'autoproduction avec le EP "Spiral Scratch". En prodigant mille conseils et coups de main aux groupes locaux alors débutants (The Fall, Joy Division, ...). En survivant au départ de Howard Devoto aussitôt le premier disque enregistré. Et en réussissant le mariage de la grâce pop et de l'urgence punk. Démonstration ci-dessous avec une version 'live' de
What Do I Get, enregistrée à l'Electric Circus de manchester en juillet 1977, et parfaitement irrésistible (même si le pont et le chorus final se barrent un peu en sucette...).





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par getfever publié dans : Manchester (1/77 - 6/78)
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Mardi 8 janvier 2008

PATT-SMITH-STRANGLERS-HAMMERSMITH-1976.png

(Durant l’hiver 75)
la performance de Patti Smith était à peine moins branlante, et pas tellement plus structurée (que celle de Television). Ses shows avaient graduellement évolué en une année, après avoir commencé comme des lectures de poésie accompagnées. En 1973, elle avait amené le guitariste Lenny Kaye pour la seconde moitié de son spectacle et, selon Chris Stein, «s’était contentée de se moquer plus ou moins de lui... Il jouait quelques accords, couvrait sa voix, et elle l’injuriait. C’était presque un sketch comique. Elle se moquait simplement de tout le syndrome rock & roll».
Mais le duo avait une stratégie, et quand il est devenu trio avec Richard Sohl, pianiste formé au classique, le sketch comique est passé par la fenêtre, et les déclamations décousues ont commencé à ressembler à des chansons.

Lenny Kaye:

Je me souviens qu’un jour Artie ou Happy [Traum] semblait très en colère contre nous, disant, «Qu’est-ce que tu connais d’autre que tes trois accords?» On faisait juste notre truc et je ne suis pas sûr que les gens comprenaient, mais on s’amusait bien en le faisant... On partait simplement sur des mouvements rythmiques – on les appelait des champs – dans lesquels on se déplaçait. Et c’est tout ce qu’étaient beaucoup de nos premières chansons. Free Money, c’était juste trois accords répétés à l’infini; et à force de les jouer pendant six mois, tu commences à faire des changements au même moment de la chanson. Land of a Thousand Dances, Gloria n’étaient certainement pas des chansons, mais à force de les jouer, on tombait sur des choses qui... étaient ensuite incorporées dans la chanson elle-même.


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 1.1 / p. 29)

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FREE MONEY (live Stockholm 1976)

Quand le Patti Smith Group arrive, c'est pour beaucoup une vraie révélation. Le rock cesse d'être un espace strictement macho, la porte s'ouvre aux filles. Les Slits ou encore les Raincoats ne manqueront pas de s'engouffrer dans la brêche ainsi ouverte.
Les féministes devraient édifier une statue à Patti Smith!
A revoir ci-dessous, en 1976, filmée par la TV suédoise.
.






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par getfever publié dans : Fuck Rock & Roll (1971-1975)
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Lundi 7 janvier 2008

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Pendant ce temps, les directeurs artistiques se demandaient quand les autres groupes punk allaient suivre les Pistols dans le Top 10 et commencer à rembourser leurs dîners sur notes de frais. Le seul groupe légèrement punk à égaler le succès des Pistols dans les charts à l’été 1977 était les Stranglers, ces vieillards mis au ban, dont les Peaches et Something Better Change sont tous deux rentrés dans le Top 10 (comme leur album, Rattus Norwegicus). Les Jam n’étaient pas loin derrière avec In The City, avant de rafler la mise avec All Around The World. Mais le mois d’août est arrivé avant que les charts ne résonnent au son du Roxy, avec l’entrée des  Adverts dans le Top 20 pour le macabre Gary Gilmore’s Eyes, une combinaison parfaite de la poésie concise et de la sensibilité pop de Smith.

TV Smith:

J’avais pris l’habitude de ramasser des journaux abandonnés dans le métro, et de les parcourir, et j’ai vu ce petit article sur Gilmore qui allait être exécuté, et qui faisait anonymement don d’un œil – et j’ai commencé à imaginer quelqu’un qui allait se réveiller et se demander d’où venait son œil.

Quand les Adverts ont été appelés pour apparaître à Top of the Pops, Smith était tout aussi désireux d’y aller que sa petite amie, mais a trouvé que c’était «aussi horrible qu’on pouvait l’imaginer – avec ces boîtes peintes en aggloméré ridicules sur lesquelles il fallait se tenir. Tu entres et il y a trente gamins. Quand tu regardes ça étant gosse, tu t’imagines que l’endroit est bondé et splendide – mais c’est tocard, tocard, tocard».

Malgré tout, le single a fait du groupe de Smith plus que des «merveilles à un accord».


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.1 / p. 289-290)

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"GARY GILMORE'S EYES"  (TOP OF THE POPS)


Gary Gilmore était le premier condamné à être exécuté (en janvier 77) après le rétablissement de la peine de mort par la Cour Suprême des Etats Unis, en 1976. En outre, il est le seul condamné dans les annales de la justice américaine à avoir demandé la peine capitale à sa propre encontre. Drôle de zig...






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par getfever publié dans : God save the queen (6/77 - 12/77)
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Dimanche 6 janvier 2008

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Owen McFadden:

C’est la grande ironie du punk en Irlande du Nord – c’était le seul endroit où il aurait été légitime de prétendre qu’on était dans un désert et qu’il n’y avait pas de futur. Parce que c’est ce à quoi ça ressemblait. Il est difficile de décrire à quel point c’était abandonné, aucun groupe ne venait jamais par ici, il n’y avait absolument aucune vie nocturne... Et pourtant, il n’y a que les Stiff Little Fingers qui ont abordé le sujet des troubles... il y avait une vraie méfiance de la part des autres groupes. Les gens d’ici ne voulaient pas venir voir un groupe chanter à propos des troubles.

John Peel a certainement reconnu le disque pour ce qu’il était, un cri du cœur comme on n’en avait plus entendu depuis Garageland. Il a immédiatement essayé d’obtenir que le groupe vienne à Londres enregistrer une session pour la BBC. Mais les finances n’étaient pas si florissantes et Peel a été obligé de se contenter d’une bande démo de six chansons envoyée par Ogilvie au début avril, comprenant une reprise du Johnny Was de Bob Marley et cinq nouveaux originaux, dont l’un s’appelait Alternative Ulster.
Ce dernier était, à l’origine, destiné à être donné au fanzine du même nom, mais Ogilvie a estimé qu’il méritait un public beaucoup plus large que celui d’un disque souple offert avec un fanzine photocopié (peut-être cela a-t-il provoqué l’hostilité que Martin, son rédacteur en chef, a dès lors manifestée envers le groupe).
La chanson avait des visées beaucoup plus larges que Suspect Device, c’était une proclamation de Burns destinée aux jeunes de province, «Bougez-vous le cul et faites quelque chose par vous-mêmes. Vous êtes assis là à vous plaindre que vous vous ennuyez, et qu’il n’y a rien à faire. »

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.1 / p. 433-434)

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ALTERNATIVE ULSTER (live)


Enregistré en 1979, lors de la tournée "Rough Trade", 2' et c'est plié. Une certaine idée de l'urgence...






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par getfever publié dans : Les derniers punks en ville (12/77 - 1/79)
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Samedi 5 janvier 2008

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Les Pistols sont un quartet d’adolescents marginaux aux cheveux en pointe venus de différents mauvais quartiers de Londres, jouant un punk-rock blanc dans le style des sixties avec autant de naturel qu’il est possible de le faire ces jours-ci, c’est-à-dire consciemment... On m’a dit que le répertoire des Pistols comprenait des chansons peu connues de Dave Berry et des Small Faces, aux côtés d’un titre d’Iggy and the Stooges et de plusieurs morceaux originaux, comme le débile I’m So Pretty Vacant. (Neil Spencer, NME21/2/76)

La légende dit que presque personne n’a vu jouer le Velvet Underground, mais que ceux qui les ont vus ont formé des groupes en sortant. En fait, le nombre total de groupes directement inspirés par le Velvet est incroyablement faible, les Modern Lovers, Mirrors, Cinderella Backstreet et Eric Emerson & the Magic Tramps constituant la liste qui me vient en tête. Les Sex Pistols, d’un autre côté, ont été les phares de toute une génération de groupes. Et quels groupes! Pendant les treize mois où ils ont été une entité vivante, en activité sur scène – par opposition à de simples sales gosses pour tabloïds –, ils ont inspiré des bataillons de musiciens, les ont fait sortir de leurs chambres et trouver des concerts.
Presque tous ces disciples attendaient quelque chose qui – comme Godot – avait l’air de ne jamais devoir arriver. Mais quand les Pistols ont explosé sur la scène, chaque anarchiste sensibilisé savait que c’était ÇA. Rien que le fait de lire la chronique  ci-dessus, et de voir l’expression insolente sur le visage de Rotten, a fait s’emballer les pulsions cardiaques de l’Angleterre.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.1 / p. 85-86)

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PRETTY VACANT (live)


En 1976, les Sex Pistols n'ont pas encore enrgistré le moindre disque, mais ils sont déjà une sensation
. Voici pour preuve un reportage TV d'époque avec double effet : une version live assez décapante de "Pretty Vacant" (que les responsables d'EMI, qui n'avaient bien saisi les paroles, appellaient en réunion "i'm so pretty") et des mini-interviews du public, autour duquel la caméra tourne comme un naturaliste fasciné par une espèce encore inconnue de scarabée. Saurez-vous reconnaitre, au détour d'un plan de coupe, Vivien Westwood et Siouxsie?





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par getfever publié dans : Pistols & Co (2/76 - 4/76)
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Vendredi 4 janvier 2008

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Richard Meyers et Tom Miller s’étaient déjà réinventés, pour une publication de leurs écrits, sous le nom de Theresa Stern, un alter ego féminin. Ils étaient devenus Richard Hell et Tom Verlaine. Le groupe qu’ils se préparaient à faire sortir de dix-huit mois d’isolement se nommait Television.
Hell et Verlaine avaient toujours été sûrs d’eux. Avant même d’arriver à New York, ils avaient fugué ensemble d’une maison de redressement dans le Kentucky en 1969. Rattrapés et renvoyés chez eux, ils avaient réussi à rejoindre New York séparément, avec toujours l’idée de devenir poètes. Mais Verlaine a trouvé que la scène artistique new-yorkaise était encombrée de «soi-disant peintres et de soi-disant poètes, tous tellement prétentieux... Tous leurs écrits étaient du genre, Je me suis levé et j’ai pris une tasse de café, c’était une attitude... qui devenait très vite ennuyeuse». Hell voulait juste changer les choses.

Richard Hell:
J’avais vingt ans à l’époque et ça me semblait très futile. Je voulais secouer le monde. Je voulais faire du bruit, mais personne ne lisait. Je pouvais m’identifier à ça. Je voulais être fidèle à mes héros, mais je comprenais que lire pouvait être très chiant si on n’était pas conditionné à aimer ça... et j’ai senti que c’était une impasse. Vers 1972-1973, Tom et moi avons décidé de former un groupe. J’étais inspiré par l’attitude des New York Dolls et des Stooges. On était tous les deux de grands fans du Velvet Underground... L’idée essentielle était «Je m’en fous». C’est une des premières chansons qu’on ait écrites, I Don’t Care, et c’était la racine de l’idée de la blank generation. [1988]

La révélation de Verlaine n’est pas venue en écoutant les Dolls ou les Stooges, mais des sources de leur inspiration, «Un gamin Hare Krishna est venu vers moi dans la rue et... il avait cette petite boîte de 45 tours, et il m’a dit: Tu veux les acheter?... Il y avait All of the Day and All of the Night, For Your Love, cinq Beatles et plein d’autres singles... L’énergie de ces disques était fantastique. Que des chansons basées sur la guitare rythmique... Très forte devant... J’ai pensé : C’est de là que vient l’excitation.»

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 1.1 / p. 18-19)

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FOXHOLE (TV live)

Quand ils sont filmés ici en 1978, interprétant "live" cette version de Foxhole, Richard Hell a déjà quitté le groupe, et le leader restant, Tom Verlaine, l'a emmené vers de rivages moins abrupts que ceux des débuts. Mais même à cette époque "tardive", Television reste un groupe renversant.




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Jeudi 3 janvier 2008

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En 1973, Dee Dee avait auditionné pour Television comme bassiste et fait montre d’une telle ignorance des principes de base qu’il en avait fait apparaître Hell comme un bon musicien. Dans les Ramones, il n’ était plus seul. Comme il l’a dit un jour, «On a commencé par essayer d’apprendre des chansons à partir des disques, et on n’y arrivait pas.» La simplicité radicale des Ramones provenait d’une incompétence sous-jacente.
Tommy Ramone:
Dès le début, il n’y avait aucun solo et le son était unique, simplement parce que ses racines ne venaient pas de la scène musicale d’alors... C’était absurde. C’était aussi original. Spécialement à cette époque. C’était si brut. Television... était aussi en rupture avec le look rock & roll... mais musicalement, ils étaient totalement différents.
Au début, la plupart des spectateurs étaient perplexes face à la dynamique étrange d’un groupe où chacun jouait sa propre partie rythmique, où les ponts étaient pour les fillettes et les solos de guitare totalement inadmissibles. Mais certains comprenaient immédiatement. Richard Hell pense qu’ils étaient «une combinaison géniale de réduction du rock & roll à son essence – de façon cartoon, ce qui était calculé pour réussir, comme Andy Warhol ou autre – et en même temps de pure émotion et d’histoires réelles de la rue». Ils jouaient aussi très vite. Trente ans de groupes pour qui le rock est une sorte de course relativisent cela, mais à l’époque les Ramones sonnaient comme s’ils jouaient à cent à l’heure et leurs concerts étaient des marathons de vingt-six minutes. L’heureux accident devenait un grand dessein.
Tommy Ramone:
La vitesse d’exécution des chansons venait de Johnny. Leur brièveté– on voulait des chansons courtes pour ramener le feeling original du rock & roll, qui avait disparu dans les années 70... On voulait ramener ce «whomp bop-a-lua»... Et bien sûr, des chansons courtes jouées vite deviennent très courtes.
Plus tard, en tant que manieur de concepts et porte-parole du groupe, Tommy a été obligé de minimiser la nature fortuite de cette collision de styles. Comme il l’a dit au NME, «Les gens pensaient que tout était accidentel. Genre, ces quatre crétins sont trop mignons et ils font un truc chouette, mais il est évident que tout ça est un accident. Premièrement, ce n’étaient pas quatre crétins; deuxièmement, rien de tout ça n’était un hasard; et troisièmement, il s’agissait de quatre personnes talentueuses qui savaient ce qu’elles aimaient et ce qu’elles faisaient.»

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 1.1 / p. 26-27)

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JUDY'S A PUNK (live at CBGB)

Dans l'album vidéo aujourd'hui, un document assez rare: Les Ramones, capturés en noir & blanc dans leur sauvagerie initiale
lors d'un de leurs premiers concerts au CBGB, en 1974.  Le look n'est pas encore fixé sur le cuir noir, Joe cherche encore ses poses, le son est encore approximatif... mais c'est déjà les Ramones : 1'30" pour expédier (exécuter?) l'ensemble.





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Mercredi 2 janvier 2008

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Seggs:
Ruffy m’a dit, «Tu veux être le bassiste? Il faudra que tu te coupes les cheveux.» Je suis allé à l’audition – qui consistait à se rendre chez Fox. Malcolm était assis là, on avait tous une pipe d’herbe, puis il a préparé une ligne de coke et je me souviens juste de ma
tête se mettant à décoller; et de Paul m’apprenant la prochaine chanson, qui était H-Eyes, ironiquement. Et c’était bon, «Tu fais l’affaire parce que tu peux aller aux toilettes et revenir, et quand même reprendre la basse.»

Les Ruts faisaient leur entrée dans un paysage déjà troublé quand à l’hiver 1978 ils ont commencé à viser plus loin.  Avec SUS, Society, Give Youth a Chance et l’explosif Babylon’s Burning, Owen n’avait manifestement pas peur d’écrire des chansons à message. L’idée originale de cette dernière – un hymne pour les âmes inquiètes – venait de Fox, qui avait suggéré à Malcolm de traduire quelque chose de l’air du temps. Owen a fait fusionner son amour du reggae et des Clash en deux mots, quatre accords.

Malcolm Owen:
Babylon’s Burning... c’est le monde entier. La merde nous tombe dessus. Les gens sont tellement inquiets; ils brûlent partout. Tu dois avoir connu cette sensation, parfois, quand tu as peur et que tu n’arrives pas à savoir pourquoi... Alors j’ai pensé, pourquoi ne pas dire, «Babylone est en train de brûler/Vous brûlerez dans les rues/Vous brûlerez dans vos maisons» – c’est une déclaration courte, simple. [1979]

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 5.2 / p. 422-423)

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JAH WAR & BABYLON'S BURNING (TV live)

La fin est proche au moment où ces images sont tournées, en 1980. Malcolm Owen fera bientôt l'OD que tout le monde avait vu venir... Beau gachis, à revoir ces images "live on french TV" (probablement "Chorus"). The Ruts avait réussi la fusion punk/reggae la plus aboutie. Et une fois privé de  son chanteur, poursuivra sur la pente "dub" sous le nom de Ruts DC...




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Babylon's Burning !

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