Vendredi 11 janvier 2008

Tout semblait encore se dérouler selon le plan dans les jours précédant la tournée Anarchy in the UK, qui devait commencer le 3 décembre.
Mais deux jours avant, les Pistols se sont retrouvés, pour l’émission Today, sur Thames TV, face au plus antipathique de tous les interviewers qu’ils avaient croisés à ce jour, Bill Grundy, qui essayait laborieusement de leur faire admettre qu’ils étaient de la merde, et quand ça n’a pas marché, d’au moins leur faire prononcer le mot. Quand il s’est mis à draguer Siouxsie Sioux, qui se tenait derrière le groupe pour donner un peu de couleur locale, Steve Jones l’a traité de «sale connard» et le monde a été mis sens dessus dessous, même si personne ne l’a compris sur le coup. En fait, après que l’émission en direct eut rendu l’antenne, les téléphones ont commencé à sonner, des gens voulaient exprimer leur indignation, et une imperturbable Siouxsie «décrochait... et leur disait d’aller se faire foutre... Mais Malcolm était dans tous ses états. Il était convaincu qu’on avait tout foutu en l’air. Je ne pense pas qu’il ait jamais vu l’intérêt de bien se marrer».
Si McLaren était un homme inquiet le soir de Grundy, il s’est rapidement repris. Convoqué par le dirigeant d’EMI, Leslie Hill, pour «expliquer» les actes de sa progéniture, il a dit au gratte-papier perplexe, «Je ne vais pas les contrôler, je ne veux pas les contrôler, et je ne peux pas les contrôler. Ils doivent faire ce qu’ils doivent faire.»
Le label avait sans doute pensé qu’Anarchy in the UK était une sorte de jeu de mots, pas un manifeste. Devant le refus des usines de continuer à presser le disque, sans parler de le distribuer, Rotten a fait comprendre ce qu’il pensait du label et de ses employés.
Frank Brunger [label manager]:
Johnny Rotten a mis un point d’honneur à ne parler à personne chez EMI. Je pouvais être dans la même pièce que lui, à parler aux autres Pistols... mais soit il m’ignorait complètement soit, au mieux, il me lançait un flot d’insultes.
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p. 174-175)

LES SOURCES DU SCANDALE
A revoir ces images, on a presque du mal à comprendre comment un scandale phénoménal (largement relayé par les tabloïds) a pu naître de ces trois gros mots presque innocents au regard de la
trash TV contemporaine... Voyez-vous même : c'est sous-titré en français!
Ne manquez pas la présentation détaillée du livre "Babylon's burning" sur le site de son éditeur "Au Diable Vauvert" (possibilité de commande en ligne, sans frais de port pour la France métropolitaine)
par getfever
publié dans :
Premiers vinyles (9/76 - 12/76)
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