Lundi 21 janvier 2008

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Même si Rivera, le patron de Stiff, personnifiait le pub-rock, il possédait déjà l’attitude punk. Paul Riley l’a raconté à Will Birch, «Ça ne dérangeait pas Jakeman de se retourner vers les gens et de leur faire “Allez vous faire foutre!” C’était une phrase que je pouvais comprendre. J’en avais jusque-là des hippies, et de tous ces “OK mec, c’est cool, ne t’en fais pas,” ce genre de conneries. Jakeman a commencé à faire avancer les choses.» Quand il a parlé aux Damned dans le bus revenant de France, il a senti que Czekowski ne resterait plus très longtemps avec eux, et qu’une association avec l’un de ces nouveaux groupes punk aux dents longues donnerait à Stiff une crédibilité qui lui faisait encore défaut.
Le «charme» rugueux de Jake a impressionné les Damned. Brian James reconnaît, «On ne voulait pas glander. Avec Jake, c’était, “Signez ça et on sort le disque dans deux semaines.” Il avait beaucoup d’allure. On a pensé... “Qu’est-ce qu’on a à perdre?”» Pour conclure l’affaire, le groupe s’est rendu à l’appartement que partageaient Lowe et Rivera.

Rat Scabies:

Ils avaient acheté un bidon de vingt-cinq litres de cidre pour faire des économies et il était là, posé sur la table... Lowe trouvait toujours qu’on était le pire groupe qu’il ait vu depuis les Sex Pistols, mais il pensait que ce serait marrant de nous produire.

Évidemment, il n’a fallu au torcheur-en-un-jour qu’un après-midi – celui du 17 septembre 1976 – pour enregistrer New Rose et sa face B, Help.

 

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p. 149-150)


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NEW ROSE (vintage clip)

Pendant qu’EMI tergiverse pour sortir le premier single des Sex Pistols, Stiff Records décroche donc le pompon honorifique du « premier single punk » : New Rose. (C’est ce nom qui sera choisi par un label français, mais ceci est une toute histoire…)  La vidéo promo visible ci-dessous a vraisemblablement été faite, elle auss,i en un après-midi…






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par getfever publié dans : Premiers vinyles (9/76 - 12/76)
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Dimanche 20 janvier 2008

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De nouvelles preuves que la scène punk de Liverpool auparavant latente avait passé les deux dernières années à s’armer de courage pour affronter le postpunk et/ou à voler des synthés ont été fournies par un autre single sorti en 1979. De façon assez impertinente, Electricity était publié par le label indé de Manchester, Factory. L’entrée d’OMD dans les annales du postpunk était un disque parfait pour Factory, à part qu’il était l’œuvre d’une bande de gars de Liverpool. Leur sensibilité pop ferait que quand ils atteindraient les charts avec Messages, au mois de mai suivant, ce serait sur leur propre label, DinDisc.
Avec le départ d’OMD, Factory était au moins en position de se concentrer sur la scène musicale de Manchester. Tony Wilson, son fondateur, s’imaginait encore comme une sorte de Bob Last; son approche de la création d’un label reflétait franchement ce qu’avait fait Last avec Fast Product, ce que Wilson a complètement admis devant Ian Wood en mars 1980, peu de temps avant que la mort de Ian Curtis ne modifie sa vision du monde.

Tony Wilson:

J’ai pensé que... Bob Last... avait prouvé qu’on pouvait le faire, que ce n’était pas si difficile [de monter un label]... On s’est donc mis au boulot, pensant sortir un sampler et voir ce qui se passerait... Manchester, je le savais, était la ville musicale la plus importante du monde, plus vivante que Londres. Et... elle avait besoin d’un nouveau label!... Ma mère m’avait laissé un peu d’argent et quelques Sicav. Le sampler a coûté en tout trois mille six cents livres, j’ai laissé les recettes dans la caisse et vendu les Sicav pour payer l’enregistrement de l’album de Joy Division... L’idée était de sortir un album... qui serait à sa façon aussi important et aurait autant de succès que Stiff Little Fingers, ce qui est le cas, à bien des égards. [1980]

Wilson, farouche régionaliste, était très dédaigneux de «ces idiots de Londres» (son terme pour désigner les majors en août 1979). Il voyait Factory comme «une attaque du music business – pour leur montrer que nous faisons [bien mieux] ce qu’eux sont suppo- sés faire... et c’est pourquoi nous voulons être dans les charts... Je joue avec la culture pop».


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.1 / p. 505-506)


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ELECTRICITY (vintage clip)

On peut raisonablement affirmer que ce single est le premier disque du genre "electro" à atteindre les charts. Kraftwerk avait livré le mode d'emploi, OMD, plus pop et plus mignons, raflèrent la mise






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par getfever publié dans : Postpunk 1979
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Samedi 19 janvier 2008

MAGAZINE-UK-TOUR-POSTER---DATES.png

Howard Devoto:

Je savais que Magazine serait référencé en opposition au «punk» pour des raisons évidentes, et c’était quelque chose avec quoi il fallait jouer. Mais je ne pensais pas que j’allais tout emmener ailleurs. Je ne crois pas que je pensais de cette façon. On m’a
récemment demandé de situer rapidement Magazine et j’ai dit, «Chronologiquement et esthétiquement, quelque part entre Ultravox et Joy Division.»

Peut-être Devoto avait-il trouvé quelque chose, une musique qui n’était pas du punk, mais «référencée en opposition au “punk”». Même avant que l’album ne soit enregistré, Charles Shaar Murray, du NME, pensait avoir trouvé un mot pour ça. Dans un article de février 1978, il décrivait Magazine comme «le groupe postpunk le plus convaincant pour l’instant». Bien que Devoto ait insisté pour dire que «les nouvelles chansons parlent de la même sorte de choses que celles des Buzzcocks», il n’était pas évident de voir comment le gargouillant Motorcade– une chanson parlant d’un «homme qui a tous les pouvoirs, tous les atouts que tout le monde a toujours voulu avoir... assis à l’arrière de sa grosse voiture et ne ressentant rien» – prenait ses racines dans Boredom. Ou comment The Light Pours Out Of Me était une mise à jour de Friends of Mine. Et pourtant, c’était le cas. Real Life était ce qu’Another Music de Buzzcocks... avait espéré être, un bond que Shelley n’avait pas été tout à fait prêt à effectuer.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 5.3 / p. 447-448)


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A SONG FROM UNDER THE FLOORBOARD (TV live)

Seuls quelques abrutis ayant avalé trop de E en écoutant les Happy Mondays contesteront ce fait incontestable : Howard Devoto est le plus grand génie de Manchester. Tony Wilson et Morrisey peuvent éventuellement prétendre à une place sur la deuxième ou la troisième marche du podium, mais pas mieux. démonstration "live" ci dessous : toute la new wave, et quelques trucs en plus, filmé par la télévision allemande.






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par getfever publié dans : New Wave (1978)
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Vendredi 18 janvier 2008
 
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Colin Newman:

Graham m’a passé le texte de Lowdown et je suis parti écrire la musique. Pendant tout le mois suivant, je me suis assis dans ma chambre et j’ai déconstruit la musique rock... L’idée, c’était... de ne pas faire du punk... mais quelque chose de plus réduit. Wire n’a pas été conçu en toute innocence, mais il me semblait que faire un autre groupe punk n’était pas une bonne idée. Faire quelque chose d’autre, plus comme ce que faisaient les Ramones, mais sans être surf, quelque chose de plus sérieux et de plus enraciné dans la tradition britannique... «[anti]rock». J’aimais la façon dont les Ramones abordaient cette culture du «tu dois payer ton dû»... La première conversation que j’aie eue avec Graham... on a parlé de tout, de Free à Spirit en passant par The Move. Beaucoup de tout ça était conceptuel... C’était, «ça, on s’en fout» et comment arrive-t-on à l’étape suivante? On enlève encore plus d’éléments.

Au cours de leur passage de vingt-cinq minutes au Roxy Club, le 2 avril 19977, ils ont joué dix-sept chansons (neuf d’entre elles formeraient plus tard le cœur de Pink Flag, un album que Newman décrit comme «une série d’esquisses, déconstruisant d’autres chansons»). Ça a commencé avec Lewis au micro, disant, «Faites attention. Ceci est commercial», ce qui s’est avéré être le titre d’un instrumental de trente secondes. L’expérience entière a rendu perplexes les amateurs de pogo qui avaient payé leur place et annonçait un niveau d’incompréhension qui poursuivrait toujours Wire.
Comme s’en rappellerait plus tard Lewis, «Ce que nous avons essayé de faire ce soir-là semblait encore plus contrariant, parce qu’on ne pouvait même pas pogoter dessus pendant très longtemps – les morceaux étaient tellement courts.»
Newman note aujourd’hui, «C’était évident qu’on n’était pas un groupe punk, mais il n’y avait pas de nom pour ce qu’on faisait.»

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.1 / p. 221-222)

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HEARTBEAT  (Live TV)

Sans aucun hit à leur actif, et toujours soucieux de "voler sous les radars", Wire a laissé peu de traces filmées. On a quand même trouvé, pour célébrer le groupe le plus furieusement radical de ces années punk, un passage sur la TV allemande, en 1979, qui ne rend pas tout à fait compte de la fureur dont ils étaient capables... mais qui est quand même une putain de chanson, directement accessible (ce n'est pas toujours le cas) et pourtant tout à fait barrée. Leur marque de fabrique... A retrouver / à découvrir sur leurs albums.




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par getfever publié dans : Punk-art (1/77 - 4/77)
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Jeudi 17 janvier 2008

Elvis-Costello-My-Aim-Is-True1.jpg

Il manquait encore à Costello un groupe qui puisse brailler l’accompagnement de ses piques revêches avec un aplomb équivalent. Après avoir enregistré un album entier avec les quatre musiciens de Clover, dans lequel il avait sélectionné ses «chansons les plus directes et les plus agressives», pour «toucher juste – le rythme de l’époque étant comme ça», il a découvert qu’il aurait beau respirer l’attitude d’un punk à canon scié, son groupe n’était constitué que de hippies, pas du tout prêts à braver le genre de clubs où Costello allait devoir jouer pour faire son trou.
Son premier LP encore à l’usine de pressage, Costello s’est lancé dans la tâche ardue de monter un groupe qui puisse faire que ses flèches verbales percent la plus épaisse des peaux. Les Attractions étaient une union inspirée d’expérience et d’intuition. Pete et Bruce Thomas scellaient le beat, couronnés par les accords de l’orgue de Steve Nieve et la guitare saccadée de Costello. Leur son mettait les chansons à nu et donnait à chacune une poussée supersonique. Dès juillet 1977, Costello a commencé à appliquer les leçons apprises en six mois d’immersion dans toute cette plastique punk à un art de la chanson déjà évident dans ses efforts pré-Attractions. Bien que dans l’impossibilité de faire lui-même l’expérience de ces accords souterrains, il était toujours désireux de faire sien ce public.

Elvis Costello:

Je n’avais pas l’argent pour aller au Roxy et voir ce que faisaient les groupes... Je lisais des articles à leur sujet dans le Melody Maker et le NME, comme tout le monde... J’étais marié, j’avais un enfant, je ne pouvais pas prendre de jour de congé. J’ai... pris juste des congés maladie pour faire My Aim Is True. Mais j’ai commencé à écouter les disques qui sortaient... Quand les tout premiers disques punk sont sortis, j’ai soudain commencé
à penser, «Attends – voilà quelque chose d’un peu différent.» [1982]

Quand il a pris du temps pour travailler avec Steve Nieve, cet été-là, les résultats ont été tout de suite plus tranchants que tout ce que pouvait faire Clover. Selon Costello, il a écrit Watching the Detectives «dans les premières vingt-quatre heures d’une écoute continue du premier album des Clash, que je venais juste d’acheter».

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.1 / p. 291-292)

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WATCHING THE DETECTIVES (Top of the pops)

En play-back sur les planches de "Top of the Pops", l'émission classique de la BBC pour faire connaître chaque semaine aux populations d'Albion les heureux élus du hit-parade.  Et les "élus" de 1977 ne ressemblaient pas à leurs ainés : si Elvis Costello porte bien costume et cravatte, il affiche aussi aussi un sourire narquois de serial killer pas vraiment raccord avec le décor...




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par getfever publié dans : God save the queen (6/77 - 12/77)
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Mercredi 16 janvier 2008

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Les Talking Heads avaient certainement fait montre d’instinct pour être «au bon endroit – au bon moment». Descendant des Artistics, un groupe formé par David Byrne à l’école d’art et de design de Rhode Island, Talking Heads étaient arrivés à New York par étapes, Byrne à l’automne 1974, Chris Frantz et sa petite amie Tina Weymouth au début du printemps de l’année suivante. En mai 1975, le trio était prêt à faire ses débuts au CBGB, et quelques semaines plus tard ils semblaient être devenus les chéris du Lower East Side. Les autres groupes étaient loin d’être enchantés.

Tina Weymouth:

On a toujours été à l’écart de la scène CBGB. Ils étaient très prétentieux envers nous là-bas... La première fois qu’on y a joué, c’était notre deuxième concert de tous les temps et on a très vite commencé à avoir de la pub. Les autres groupes n’aimaient pas ça, ils se montraient très hostiles... Notre public était très différent de celui des Ramones et de Television.

Des publics différents, mais le même bon vieux club. Les Ramones, en apparence peu arty, étaient moins scandalisés que leurs pairs par la présence parmi eux de ces étudiants en art. Après avoir ouvert le festival en tandem, Tommy Ramone a essayé de s’assurer que les Heads étaient disponibles pour la plupart des concerts locaux, «On a vu tout de suite que ça marchait... Même si les Ramones jouaient dur et sale, conceptuellement, il y avait beaucoup de similitudes, tout particulièrement le minimalisme.»
Dans les deux cas, le minimalisme provenait d’insuffisances techniques, mais alors que les Ramones prétendaient être inconscients de l’effet recherché, Byrne avait adopté l’intellectualisme conscient de Television et de Patti Smith. Il a récemment décrit la majorité des groupes du CBGB comme «une simple version plus débraillée des Stones. Les mêmes fringues et les mêmes poses. J’ai pensé: voyons si on peut tout simplement virer tout ça, repartir de la case départ». Tournant rapidement le dos à la tradition rock, les Talking Heads avaient dépassé tout ça à l’époque de leur deuxième album.


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.2 / p. 234-235)

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VIDEO  1 : PSYCHO KILLER (live at CBGB 1975)

Attention, archive rare! Fimé en noir et blanc lors d'un de leur premiers passages au mythique CBGB, ils sont encore un trio (Jerry Harrison, ex-Modern Lovers, ne les a pas encore rejoint) pour jouer le titre qui deviendra pour le groupe un genre d'hymne. Encore hésitants et maladroits, pas très assurés sur leurs pattes (on dirait Bambi) difficile de croire que ce groupe va dans les cinq années suivantes, en trois albums (avec Brian Eno aux manettes) réinventer la fusion rock-funk et ouvrir la brêche de la "world music".






VIDEO  2 : PSYCHO KILLER  (live at OLD GREY WHISTLE TEST 1978)

Trois ans plus tard, et toujours en live mais cette fois en couleurs pour la TV anglaise. Avec Jerry Harisson pour étoffer le son et une Tina Weymouth plus assurée dans son jeu de basse... Ne loupez pas le chorus final, (hommage inconscient à Television?)






VIDEO  3 : PSYCHO KILLER (live à ROME 1980)

Pour mesurer le chemin parcouru : toujours la même chanson, cette fois par le groupe "élargi" (avec Adrian Belew à la guitare) enregistré à Rome, et visible uniquement sur YouTube.



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par getfever publié dans : New-York & Cleveland 1975-1977
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Mardi 15 janvier 2008

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La tournée White Riot de Clash était une reformulation de la tournée Anarchy des Sex Pistols, présentant quatre ou cinq groupes à l’esprit punk. Comme McLaren, Rhodes avait besoin d’au moins un groupe ayant un tour support (NDLR : un soutien financier de la maison de disque) il a engagé ce groupe pas-si-punk que Polydor avait signé après avoir raté les Clash: les Jam, qui avaient déjà mis en boîte leur 45 tours incendiaire, In The City, et qui sur scène pouvaient faire mieux que se défendre face aux têtes d’affiche. (…)

Les Jam avaient non seulement un tour support, mais ils offraient un contrepoids nécessaire aux trois autres groupes de première partie (Buzzcocks, The Slits,  The Subway Sect), qui avaient tous eu une année de vaches maigres en ce qui concernait les concerts et cherchaient encore comment dire ce qu’ils voulaient dire.

Malheureusement, les Jam avaient déjà commis le péché charnel selon Rhodes, en créant une distance entre eux et le collectif Clash, quand Paul Weller avait déclaré à Sounds en mars, «On n’est pas branchés sur la politique et tous ces trucs comme les Clash et Generation X. On est à la marge de la scène punk mais on attire aussi des gens branchés sur les sixties.» Le même mois, il avait déclaré à un Sniffin’ Glue auparavant hostile que «Aujourd’hui, beaucoup de groupes ont une image de ce que devrait être un groupe punk – monter sur scène et chanter que tu en as marre... avec une sorte de regard vide – c’est de la merde absolue!»

Ils ont tenu légèrement plus longtemps que les Damned sur la tournée Anarchy, mais quand Weller a donné une interview au milieu de la tournée dans laquelle il laissait entendre qu’il n’avait aucune foi dans les solutions socialistes, le conflit a été inévitable (un Weller aigri avait dit au NME qu’il envisageait de voter pour les conservateurs aux prochaines élections, une déclaration qui reviendrait le hanter périodiquement).

Quand Rhodes a attendu des Jam qu’ils subventionnent les autres groupes, ils ont rechigné, puis ils sont partis – au milieu de «beaucoup d’accusations de sabotages sonores», selon un membre des Buzzcocks. Ils sont restés à couteaux tirés même après leur départ, les Clash envoyant un télégramme au trio après la victoire du Parti conservateur aux élections ce mois-là: «Félicitations pour la victoire au Merseyside et à Manchester. Maggie sera fière de vous. On se voit en Afrique du Sud pour s’entraîner au tir. The Clash.»

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.3 / p. 247-248)

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ETON RIFLES (TV live)

"Pas-si-punk", donc... Mais néanmoins capable d'aligner quelques chansons redoutables comme ce brillant "Eton Rifles" qui fera une belle carrière dans les charts... Version live enregistrée pour "Something Else", l'émission de Tony "Factory records" Wilson (small world, isn't it?)





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par getfever publié dans : The Children of The Revolution (3/77 - 8/77)
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Lundi 14 janvier 2008

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L'album The Clash avait été enregistré en trois week-ends dans ce que Strummer décrirait plus tard comme «le studio le moins cher possible. J’ai eu l’impression qu’ils allaient dépenser pour nous le prix d’un sandwich aux œufs». En fait, au vu de leur contrat, il était dans l’intérêt de CBSde les encourager à accumuler les frais vérifiables. C’était les Clash qui voulaient que tout soit aussi minimal que possible. Leur méfiance envers le processus lui-même était telle que l’ingénieur du son Simon Humphrey les a trouvés «hostiles à toute technique employée avant le punk. Donc, s’il y avait quelque chose comme une harmonie, une guitare doublée, ou même un raccord... ils pensaient que vous étiez en train d’essayer de les affadir, ou de démolir toute l’éthique punk». Strummer a également étalé son inexpérience (et son zèle), en essayant d’enregistrer la totalité de ses parties chantées à chaque prise.

Simon Humphrey:

[Joe] ne voyait pas une prise de chant comme quelque chose qu’on travaillait pour l’améliorer. Il se donnait à 100% dès le départ. C’est la raison pour laquelle il fallait plus ou moins l’enregistrer à la première prise, parce que c’était la seule que vous
alliez avoir.

Quelques années plus tard, Strummer a confié au magazine Record qu’il était toujours «à la recherche de l’anéantissement suprême, la sensation ultime sur chaque chanson. Mais ce n’est pas quelque chose que tu peux simplement obtenir comme ça; tu dois t’exciter toi-même jusqu’à un sommet hors d’atteinte». S’il a maintenu ce «sommet hors d’atteinte» tout au long de la plupart des séances du premier album, ça a été une rude épreuve, pas uniquement pour ses cordes vocales, mais aussi pour son humeur. Et c’est le manager Bernie Rhodes qui en faisait les frais, quand il venait en studio remonter le moral de ses troupes. Au moment même où ses disciples étaient en train de faire éclore tout ce qu’il avait semé dans leurs esprits, Rhodes commençait déjà à être de trop.

Simon Humphrey:

Si Bernie était là pendant plus d’une demi-heure environ, soit Mick soit Joe commençait à en avoir marre de lui... et ils lui disaient de se barrer. Parce qu’il ne faisait que parler pour ne rien dire. Il faisait ce truc du grand manager punk qui essaie d’entretenir une attitude, et il disait toutes ces bêtises à propos de l’anarchie et bla-bla-bla.

La seule contribution de Rhodes à l’album a été de s’assurer que ce dernier, et le single qui l’annonçait, ne chasse pas sur le territoire du grand public. Il s’était aussi mis en tête depuis longtemps que si un groupe «important» refusait d’apparaître à Top of the Pops, cela ferait boule de neige pour se terminer par un boycott général, tout comme les chanteurs folk américains avaient boycotté avec succès l’émission de télé nationale Hootenannyau au début des années 60 parce que ABC avait mis Pete Seeger sur liste noire. Il expliquerait son raisonnement quelques années plus tard au NME.

Bernie Rhodes:

L’idée de ne pas faire Top of the Pops était que si tout le monde arrêtait de la faire, il faudrait qu’il y ait une nouvelle émission de télé... Ce que je dis c’est que – et c’est toujours le problème avec la pop – si ces braves gens prenaient une position unifiée pour s’emparer des moyens de production, leurs déclarations seraient percutantes et non secondaires. [1980]

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.3 / p. 247-248)

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1977, WHITE RIOT & LONDON'S BURNING + INTERVIEW (Video promo)

Pas de passage à Top Of the Pop, donc. Mais en avant pour cette vidéo promotionelle bien réjouissante, bien qu'en play-back. On ne voit jamais le batteur, le tournage a donc sans doute eu lieu entre le départ de Terry Chimes et l'arrivée de Topper Headon.





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par getfever publié dans : The Children of The Revolution (3/77 - 8/77)
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Dimanche 13 janvier 2008

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Factory était alors relativement en fonds, et il était temps d’enregistrer de nouveau Curtis et sa bande. Mais Hannett n’était pas satisfait du résultat (ou peut-être les commentaires sarcastiques de l’ingénieur du son de Strawberry avaient-ils finalement eu raison de lui), bien qu’il ait produit une version dance de She’s Lost Control pour le marché américain (sans doute pour prouver que Joy Division faisait du funk postmoderne) ainsi que l’hymne Love Will Tear Us Apart.

Hannett a donc emmené le groupe de Manchester à Londres, à Britannia Row, où il a terminé Closer, refermant ainsi le livre du groupe qui lui avait laissé la plus grande latitude. Cette fois, Hannett était réellement en ville, utilisant la palette complète de sons industriels qu’il entendait dans son imagination monochromatique. Le son d’un homme en train de se noyer était immergé  sous le mix de béton de Hannett. Curtis, qui commençait déjà à se refermer, continuait à accepter de suivre Hannett et Wilson.
Mais, si on se fie à ce qu’il a confié à Genesis P. Orridge, il sentait déjà que les idéaux qui avaient inspiré le groupe à l’origine avaient été irrémédiablement compromis.

Genesis P. Orridge:

Il savait que s’il faisait une tournée américaine, il serait coincé et forcé de continuer encore et encore avec Joy Division. Qu’il y aurait toujours de nouvelles raisons «convaincantes» pour le persuader de faire juste un disque de plus, juste une tournée de plus, juste une interview de plus, à n’en plus finir. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui, ou de l’intégrité de son idée originale.

Il voulait s’échapper – de ses relations compliquées avec sa petite amie belge, sa femme, et sa fille, de tout cet engrenage dans lequel il se sentait pris, de toute cette spirale descendant vers le néant. Un soir de mai 1980, il s’est mis dans un état d’esprit suicidaire en regardant le sinistre Stroszek de Werner Herzog à l’éclat aveuglant, avant de mettre The Idiot d’Iggy Pop sur la platine, puis de s’accrocher une corde autour du cou et de prendre la décision fatale de «ne pas être». Si Malcolm Owen avait été un peu trop amoureux du monde du rock & roll, Curtis avait, lui, trouvé un peu trop de haine de soi au fond de son âme morte.

Inévitablement, ce seul geste a assuré l’accession de Curtis au panthéon des suicidés du rock – et au genre de succès qu’il redoutait, mais n’avait jamais obtenu. Love Will Tear Us Apart semblait un tel résumé parfait de ces sentiments qu’il ne pouvait faire autrement que d’escalader les charts – avec Closer dans son ombre.
Pendant ce temps, à Londres, Virgin ratait un coup en ne sortant pas Love In Vein comme les dernières volontés et le testament de Malcolm Owen. Au moins la maison de disques a-t-elle ainsi probablement évité à Owen et aux Ruts tout ce qui a enveloppé la musique de Joy Division pendant ces vingt-cinq dernières années.
Ce que ne disait aucun éloge funèbre des deux chanteurs, c’était que les morts prématurées d’Owen et de Curtis privaient le punk, à la fois dans ses aspects populistes et progressistes, des deux performers les plus puissants, dynamiques et compulsivement visuels de l’ère postpunk, et qu’avec eux, il perdait tout espoir d’évolution. Fondu au noir.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.3 / p. 559-560)

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TRANSMISSION & LOVE WILL TEAR US APART (TV live)

Les deux titres les plus emblématiques de Joy Division, filmé live en septembre 1979. Plus efficace pour (re)découvrir ce groupe essentiel que le très maniériste, très plombé, très à côté de la plaque, et pour faire court, totalement loupé "Closer" (biopic sorti en 2007).





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par getfever publié dans : Babylone brûle (1979-1980)
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Samedi 12 janvier 2008

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Le prototype de Blondie, encore sous le nom de Stilettoes, a fait sa première apparition au CBGB à peine un mois après les débuts de Television. Il suffisait d’être recommandé par quelqu’un.

Chris Stein:

En ce qui concerne les Stilettoes et Television, Hell sortait avec Elda – une des Stilettoes – et elle nous a dit, «Oh, j’ai entendu cette bande de gars, ils s’habillent comme des vieillards, ils sont très drôles, et ils jouent downtown, dans ce bar bizarre.» Nous leur avons demandé où ils jouaient, et ils ont dit au CBGB.

La première affiche Television/Stilettoes au CBGB a squatté une série de dimanches de mai 1974 (vanté par de nouveaux tracts reprenant des commentaires positifs de gens comme David Bowie, Patti Smith et Danny Fields). Pourtant, les Stilettoes étaient une survivance de l’époque du Mercers, trois filles sur le devant de la scène avec un groupe garage dépenaillé derrière elles, mélangeant reprises de classiques rock et pastiches.
Stein et Debbie Harry, sa petite amie, ont pourtant rapidement compris dans quel sens soufflait le vent. Un ou deux mois plus tard, ils s’étaient débarrassés des éléments évoquant des Supremes trash, soit Elda Gentile et son amie noire Amanda. Bien qu’ils aient engagé deux autres filles remarquables aux yeux de velours, Tish et Snooky (qui formeraient plus tard les Sic Fucks), celles-ci n’étaient que des choristes. Chris et Debbie se sont alors renommés Angel & the Snakes (pour un unique concert), puis Blondie, mettant Debbie au centre de la scène une bonne fois pour toutes.
Ils ont fait leurs débuts sous cette nouvelle forme dans le bar de Bowery, désormais en pleine effervescence, en août 1974.  À cette époque, Blondie avait en commun avec Television une incompétence intrinsèque et une reprise étonnamment orthodoxe de Venus De Milo. Alan Betrock, collectionneur de l’éphémère rock et sorte d’éditeur qui allait enregistrer les premières maquettes du groupe, se souvenait qu’ils «ne pouvaient simplement pas jouer live. Ils s’arrêtaient au milieu d’une chanson et recommençaient, les amplis tombaient en panne, la guitare tombait en panne, ils cassaient des cordes et n’en avaient pas de rechange». Tish et Snooky préfèrent aborder la question avec plus de délicatesse, suggérant que le Blondie des débuts «avait un son complètement différent [de celui qu’il aurait par la suite]. Il n’y avait rien de sauvage, mais c’était brut. Ce n’était pas rapide et bruyant comme les Ramones. C’était assez amusant de voir comment nous trouvions notre place à l’époque, sans la trouver».

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 1.1 / p. 23-24)

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A GIRL SHOULD KNOW BETTER (live at CBGB)

Et encore une rareté dans l'album vidéo : Blondie au CBGB en 1975. Bien plus excitant que la débacle simili-disco dans laquelle le groupe finira par s'engloutir (et par pure charité, on ne dira rien de la carrière solo de Debbie Harry...)





Ne manquez pas la présentation détaillée du livre "Babylon's burning" sur le site de son éditeur "Au Diable Vauvert" (possibilité de commande en ligne, sans frais de port pour la France métropolitaine)

par getfever publié dans : Fuck Rock & Roll (1971-1975)
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Si vous avez loupé le début...

Babylon's Burning !

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