Jeudi 31 janvier 2008
Alors que Devo commençait à émerger du performance-art, le groupe a entrepris d’enregistrer des démos de Be Stiff et Subhuman Woman dans son sous-sol, ainsi que des leitmotive
tout aussi aventureux, Auto-Modown, Mongoloid, Jocko Homo, Bamboo Bimbo, Baby Talkin’Bitches et Clockout. À peu près au même moment où, à New York, Suicide se débattait avec la
même décision, Devo entamait une transition consciente qui lui permettrait d’être plus à l’aise dans un concert de rock que dans une galerie d’art. Casale l’a observé plus tard, «Si la musique
reste dans les galeries, ça devient vite masturbatoire et complaisant. Au lieu de quoi, on a décidé d’apporter la musique et le message au plus large public... Tout a été modifié pour rendre les
chansons plus accessibles.» Le processus a été laborieux, prenant dix-huit mois ou plus, pendant lesquels ils ont accumulé suffisamment de morceaux pour trois ou quatre albums, tout en conservant
leurs boulots.
À la fin octobre 1975, ils se préparaient à franchir les limites de la ville de Cleveland, ayant décroché une première partie potentiellement prometteuse (du maître du jazz Sun Ra) lors d’un show de Halloween organisé par la station de radio branchée WHK. Ils étaient prêts à porter leur message antistar, antihippy, antiprogressif dans l’arène rock. Si, comme l’a dit par la suite Casale à Rolling Stone, «je m’attendais toujours... à une réponse négative», il a été comblé ce soir-là. Selon son frère Gerard, Devo «a réussi à vider la totalité de l’auditorium» avec son passage de vingt minutes, lequel, d’après Charlotte Pressler dans CLE, «aurait été un bon concert... s’ils avaient été des collectionneurs de cannettes de bière». À la fin, ils ont joué pour la première fois Jocko Homo, dont Casale prétendait qu’elle avait été «conçue comme une chanson de trente minutes et était jouée très lentement dans le but d’essayer de voir qui pouvait la supporter». La version de WHK n’a duré que douze minutes, mais elle a fait l’affaire.
L’expérience n’a servi qu’à galvaniser les Casale et les Mothersbaugh, qui ont commencé à pratiquer le petit jeu consistant à donner des concerts sans y avoir été invités. Mark
Mothersbaugh l’a avoué à Brendan Mullen, «On mentait aux clubs en disant qu’on était un groupe de reprises de hits du Top 40. Il était rare qu’on arrive à jouer toute la soirée. Ça incitait les gens à vouloir se battre avec nous. On faisait, “Voici une autre chanson de Foghat, ça s’appelle Mongoloid.”»
Jerry Casale:
On attendait juste... une ouverture... Tout le monde faisait de son mieux pour éviter de rejoindre la masse, la matière poisseuse, le tas de boue... l’existence au jour le jour. [1978]
À la fin octobre 1975, ils se préparaient à franchir les limites de la ville de Cleveland, ayant décroché une première partie potentiellement prometteuse (du maître du jazz Sun Ra) lors d’un show de Halloween organisé par la station de radio branchée WHK. Ils étaient prêts à porter leur message antistar, antihippy, antiprogressif dans l’arène rock. Si, comme l’a dit par la suite Casale à Rolling Stone, «je m’attendais toujours... à une réponse négative», il a été comblé ce soir-là. Selon son frère Gerard, Devo «a réussi à vider la totalité de l’auditorium» avec son passage de vingt minutes, lequel, d’après Charlotte Pressler dans CLE, «aurait été un bon concert... s’ils avaient été des collectionneurs de cannettes de bière». À la fin, ils ont joué pour la première fois Jocko Homo, dont Casale prétendait qu’elle avait été «conçue comme une chanson de trente minutes et était jouée très lentement dans le but d’essayer de voir qui pouvait la supporter». La version de WHK n’a duré que douze minutes, mais elle a fait l’affaire.
L’expérience n’a servi qu’à galvaniser les Casale et les Mothersbaugh, qui ont commencé à pratiquer le petit jeu consistant à donner des concerts sans y avoir été invités. Mark
Mothersbaugh l’a avoué à Brendan Mullen, «On mentait aux clubs en disant qu’on était un groupe de reprises de hits du Top 40. Il était rare qu’on arrive à jouer toute la soirée. Ça incitait les gens à vouloir se battre avec nous. On faisait, “Voici une autre chanson de Foghat, ça s’appelle Mongoloid.”»
extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.2/ p. 228-229)

Mongoloids (TV live)
Et lorsqu'il passèrent à la TV française en 78 (Chorus?), les réactions au fond de la Lozère ont sans doute été similaires à celles des rednecks US. Un titre parfaitement irréstible, ceci
dit.
Ne manquez pas la présentation détaillée du livre "Babylon's burning" sur le site de son éditeur "Au Diable Vauvert" (possibilité de commande en ligne, sans frais de port pour la France métropolitaine)
par getfever
publié dans :
New-York & Cleveland 1975-1977
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