Dimanche 10 février 2008

clash-manchester-77-poster.jpg

Le temps était maintenant venu pour Bernie Rhodes de montrer ses talents en économie, d’être plus keynésien que marxiste. Mais le contrat qu’il a fait signer aux Clash était le pire possible.
Il offrait à CBS une décennie d’options à sens unique tout en cédant tous les territoires à la multinationale pour une avance de cent mille livres qui ferait les gros titres des journaux, sans même s’assurer d’un tour support de la part du label. Strummer a admis que c’était «une erreur», mais pas avant 1979, époque à laquelle il a été obligé d’avouer, «Je n’ai pas lu le putain de truc, j’ai juste signé cette saloperie, comme un idiot, parce que je faisais confiance à mon manager, et qu’il m’a dit, “Signe-le.”»
Le contrat fatidique était rédigé de telle façon que les Clash n’avaient quasiment aucune chance de «rembourser» les avances empochées; tandis que CBS détenait les droits pour le monde entier, ce qui voulait dire que le label pouvait refuser de sortir les disques aux États-Unis (ce qu’il ferait avant la fin de l’année), tout en empêchant le groupe de trouver un autre distributeur. Bernie s’est avéré être un marchand des quatre-saisons plutôt qu’un homme d’affaires, rejetant un contrat avec Polydor qui offrait une avance plus faible, mais pour beaucoup moins d’albums, et contenait ce qui, rétrospectivement, aurait pu être une clause inestimable – stipulant que le coût de tous les enregistrements serait supporté par le label et non par le groupe. Strummer continuerait à prétendre qu’il y avait un plan derrière tout ça, mais Rhodes semblait simplement ne pas savoir que le diable se cache dans les détails, ou peut-être qu’il s’en fichait complètement.

Joe Strummer:

On était si totalement créatifs... les décisions de business apparaissaient complètement hors de propos... J’étais juste content qu’on soit capables de faire un disque. Signer avec CBS... était une tentative consciente de la part de McLaren et de Rhodes de sortir rapidement d’un truc confiné. Ils étaient allés à New York et ils haïssaient que le punk soit... sur Bowery, et c’est resté comme ça pendant cinq ans. Il n’en est jamais sorti. [1979]


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.1 / p.193-194)


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London's burning (live)


Filmés à Munich (avec un étrange plan en plongée depuis un balcon) le premier hymne du groupe joué à fond les ballons...




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par getfever publié dans : Punk-art (1/77 - 4/77)
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Samedi 9 février 2008

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En 1976, Genesis commençait à penser qu’il devait revenir dans l’arène rock/performance sous une forme nouvelle et provocatrice. En avril 1976, accusé d’obscénité (ce ne serait pas la dernière fois), il a déclaré au tribunal, «Je veux faire partie de la culture populaire, engagé dans la vie de tous les jours; pas être un artiste intellectuel, dans une tour d’ivoire, pensant que je suis spécial, révéré et monumental.» Le premier concert de TG– en juillet de cette année-là – avait été annoncé avec cette déclaration, «La musique de 1984 est arrivée.» Le show de l’ICA devait apparemment signifier la fin de COUM, et le retour des idées de Genesis vers un média populaire. Il ne serait pas le seul à penser pouvoir greffer son concept sur l’énergie brute du punk.

Genesis P. Orridge:

À l’ICA, la soirée d’ouverture était destinée à être une déclaration: nous sommes maintenant Throbbing Gristle et pas de l’art... Maintenant, nous allons prendre ce que nous avons fait en tant qu’artistes actifs – et toutes nos idées – mais nous voulons utiliser le son... Les punks à l’ICA ont pensé que les chansons étaient effrayantes. John Towe a dit qu’il pensait qu’à la fin j’allais me pendre. [1978]

Bien que TG aient manifestement cru qu’ils faisaient quelque chose de radical, Tony Parsons, duNME, dans son compte-rendu, dépeignait «leur, euh, musique» comme «des tas de sons psychédéliques étranges enregistrés s’enroulant au hasard autour de claviers joués avec un doigt, une guitare solo qui aurait fait honte à Patti Smith, et une basse débile». Si leur intention était – comme l’affirme Cosey – de «démolir le truc rock & roll», Subway Sect avait déjà revendiqué ce territoire. Peut-être Genesis et Cosey auraient-ils dû également assister au Lord’s Prayer du 100 Club, œuvre de deux membres de leur public, Steve Severin et Siouxsie Sioux. En fait, ce serait la photo de Steve et Siouxsie qui accompagnerait un article de tabloïd sur le show de l’ICA, qualifiant ceux qui étaient présents ce soir-là de «destructeurs de civilisation». S’ils avaient su.

P. Orridge dépeindrait par la suite TG comme «littéralement une expérience... Montons un groupe. Donnons-lui un nom réellement inapproprié. N’ayons pas de batteur, parce que les groupes de rock ont des batteurs. N’apprenons pas à jouer de la musique. Mettons-y beaucoup de matière– en termes de mots et d’idées. Donc... Nous avons rejeté tous les paramètres habituels d’un groupe en disant, “Ayons du fond, de l’authenticité et de l’énergie. Refusons de ressembler à n’importe quoi d’acceptable comme un groupe ou de jouer comme eux.”» Çaressemblait beaucoup à un croisement entre Suicide et Subway Sect. Le point de vue ultérieur de Cosey sur TG serait plus humble, «TG a commencé comme une blague... On savait qu’on leur envoyait beaucoup de n’importe quoi sonore, juste pour les faire sortir de leurs attentes dans la musique.»

TG devrait repenser son approche s’il voulait croiser le nouveau mouvement. Absorbé par le scandale entourant Prostitution– des députés demandaient qu’on reconsidère la totalité du financement de l’ICA–, TG serait dans l’incapacité de donner d’autres shows avant l’année suivante.


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p.164-165)


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Discipline (live)


On peut difficilement porter plus loin le concept d'agression sonore. Mais les amateurs d'insupportables furent légions, si on considère le nombre d'avatars pluds ou moins inspirés de TG désignés sous le nom d'Indus pendant les deux décennies qui suivirent...




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par getfever publié dans : Premiers vinyles (9/76 - 12/76)
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Vendredi 8 février 2008

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Ray Rumour:

Dead Kennedys était sans aucun doute le nom le plus choquant de l’époque... même s’il comportait un élément d’hommage. J’ai produit leur premier concert, au S.F. Institute, et pendant trois week-ends d’affilée – avec peut-être une semaine off – j’ai eu les Dils, les Avengers, les Dead Kennedys, les Mutants, et un groupe de reggae d’Oakland, parce qu’on voulait en faire une scène un peu interraciale. La première semaine, les Dead Kennedys ont joué en premier, la deuxième semaine en deuxième, et la troisième semaine, ils étaient en tête d’affiche. Après ça, ils étaient simplement le truc le plus en vue de cette scène.

Les Dead Kennedys possédaient un chanteur tout aussi charismatique que les Avengers, mais si Houston avait un petit stock d’hymnes qu’elle recyclait depuis maintenant plus d’un an, les Dead Kennedys avaient un lot de titres réellement incendiaires qui repoussaient les frontières thématiques du punk. Kill The Poor, California Uber Alles, Holiday in Cambodia, Forward to Death et I Kill Children auraient pu provenir d’un lot de chansons perdues de Throbbing Gristle. Mais leur musique ne se cachait pas derrière le genre d’ambiguïté qu’aimait TG. C’était punk – rapide, puissant et brut. Et ces garçons savaient aussi suffisamment bien jouer pour appliquer leurs riffs au rasoir à des reprises aussi incongrues que Rawhide, Viva Las Vegas et Back in the USSR.

Fin 1978, Search & Destroy était obligé de partager l’excitation générale, dépeignant les Dead Kennedys comme «Le nouveau groupe de la Baie à l’ascension la plus rapide... Ils n’ont donné  que sept concerts mais lors de tous ces événements, il y a eu des perturbations – après le troisième, le patron du Mabuhay, Dirk Dirksen, leur a même sévèrement fait la leçon pour avoir “profané le théâtre de l’illusion”.» Malheureusement, malgré tous les messages sous-jacents intelligents présents dans leurs chansonnettes tuantes, les Kennedys ont rapidement commencé à attirer un public surtout intéressé par le spectacle de Biafra rebondissant sur les murs. En tant que fan avoué de Suicide, avec en lui quelque chose d’Iggy, Biafra a bientôt décidé qu’il devrait avoir ce que Lester Bangs avait un jour caractérisé comme «le groupe le plus déjanté de l’histoire dans le but d’extérioriser son propre désarroi intérieur.»

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 5.1 / p.402-403)


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California Uber Alles (live)


Juste retour des choses? Après la disparition du phare anglais (les Pistols) un soir de concert à San Francisco, c'est en Californie que se dresse un nouveau groupe porte-étendard. Lui ausi capable de pondre quelques chansons devenant immédiatement des classiques.




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par getfever publié dans : Californie 1977-1979
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Jeudi 7 février 2008

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Quand le groupe est arrivé au Winterland le 14, il a découvert que tous ceux qui attendaient dehors constituaient un condensé de tout ce qu’ils avaient rencontré aux États-Unis à ce jour – à une plus grande échelle. Pour la première fois, ils devaient jouer devant cinq mille personnes; et il était clair que les punks présents dans la salle étaient bien moins nombreux que les poseurs et les voyeurs. Et ils semblaient avoir pris des leçons de comportement punk dans le National Enquirer. Évidemment, la première partie locale a souffert.

Penelope Houston:
La scène était déjà trempée de crachats quand on est arrivés. Le public était peut-être constitué d’un tiers de fans de punk et le reste voulait juste voir ces phénomènes – les Sex Pistols... En fait, ils étaient assez hostiles.

Houston, la chanteuse des Avengers, a plus tard raconté à Gina Arnold que son principal souvenir du concert était «les hordes d’étrangers qui hurlaient, “Fuck you! Fuck you!” et crachaient, parce que c’est ce qu’ils pensaient que les punks faisaient». Les Pistols eux aussi se sentaient perdus. Jouer au handicapé sarcastique, comme aimait le faire Rotten, était bon pour les clubs. Comment cela pouvait-il passer dans cette arène? Qui étaient les chrétiens, et qui étaient les lions? Lydon a plus tard avoué à Savage, «On était complètement dépassés. On ne savait pas comment atteindre les gens au-delà des vingt premiers rangs.»
Heureusement, la saine décision prise par le sonorisateur de rendre inaudible le jeu erratique de Vicious et un mix explosif concocté pour la radio (KSAN était présent pour diffuser cet événement historique) ont donné aux Pistols mille ans d’avance sur tout ce que les stations de classic-rock de la Baie passaient ce soir-là. Et ils ont continué à faire des convertis jusqu’au bout.

John Ingham, qui avait écrit sur le groupe depuis ses tout débuts, était sur place pour assister au final et racontait toujours les choses telles qu’elles étaient:
Selon les critères des Pistols, le Winterland a été quelconque, certainement pas à la hauteur d’un éloge funèbre. L’ampli de Steve a déconné à quelques moments cruciaux et John s’est progressivement désintéressé de tout ça... Mais dans son contexte, c’était super. Dans cette foule de cinq mille personnes, il y avait à peine une poignée de punks, dix fois moins que de tee-shirts du Grateful Dead. C’était une foule de curieux, et c’était exaltant de les voir pratiquement tous crier et agiter les bras.– Sounds 28/1/78.

Mais Rotten, qui sentait que la fin était proche, était déterminé à prononcer l’épitaphe du groupe. Alors qu’il commençait à redevenir Lydon, à la fin d’un No Fun las en rappel, il a prononcé ces paroles immortelles, «Ha, ha, ha, vous avez déjà eu le sentiment d’avoir été roulés? Bonne nuit.» Il dirait plus tard à Savage, «Je pensais ce que j’ai dit, à la fin du concert du Winterland... Je savais que ça ne pouvait pas continuer.»

La diffusion à la radio, l’album pirate, le CD et enfin le DVD du Winterland ont figé ce moment et en ont fait la fin du punk pour tout documentariste pouvant tenir un caméscope, pour tout sociologue capable de cocher une case, pour toute grande gueule voyant l’Histoire comme une série de points finaux. Mais pour les marginaux présents ce soir-là, il y avait quelque chose d’un archétype du punk dans la performance de Rotten. C’était l’avis du guitariste des Avengers.

Danny Furious:

J’ai été fasciné par les Pistols. Leur son était épouvantable et Sid essayait d’être John. John avait abandonné et ne semblait plus en avoir rien à faire. Ils ont fini leur set et sont revenus pour un rappel... et puis John s’est montré sous son vrai visage. Je n’ai jamais été témoin d’une performance aussi vraie, aussi honnête et aussi remplie de désespoir que ce rappel... J’ai soudain tout compris! Ce qui rendait ce truc punk si différent, c’était John Rotten... là-haut, face au monde, à la tête de ce qui était à l’époque le prochain gros truc, tout tombait en morceaux autour de lui et en lui, et pourtant il a mis tout ce qu’il avait dans cette chanson stupide.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.3 / p.372-373)


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EMI (live)


En utile complément du DVD cité, voici une captation du concert de Dallas, quelques jours plus tôt... A voir pour le désespoir lisible dans les yeux de Johnny Rotten, qui n'y croit plus, tandis qu'à la basse Sid Vicious s'y voit plus que jamais...




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par getfever publié dans : Fast & Sensible (1/77 - 12/78)
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Mercredi 6 février 2008

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Pour l’heure, Last et son label Fast Product surfait sur la crête d’une toute nouvelle vague, n’utilisant que son instinct pour rester à la surface. À peine Gang of Four avait-il commis un single, qu’une «bande... est  arrivée un matin». Le cachet de la poste indiquait Sheffield. Elle contenait Being Boiled et Circus of Death, des chansons qui – Last l’ignorait – présentaient toutes les caractéristiques d’un imitateur anglais de Suicide.

Bob Last:

Dès l’heure du déjeuner, je me suis dit, «On devrait sortir ça. Téléphonons-leur et voyons s’il y a une bande de meilleure qualité.» Il n’y en avait pas – ils avaient envoyé le master. Il y avait d’autres choses plus ouvertement dans le style de Kraftwerk. Mais je n’avais aucune idée de ce que pouvaient être leurs références [à l’époque]. Pour moi, si on s’était réunis pour inventer le prochain groupe de Fast Product, on aurait probablement inventé Human League. Bien pratique, ils s’étaient inventés eux-mêmes...

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.3 / p.365-366)


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Being Boiled  (clip)

Après un album essentiel (Travelogue), The Human League se sépare, les deux têtes pensantes partent fonder B.E.F., qui deviendra ensuite Heaven 17. Ils gardent l’inspiration, Phil Oackey gardant pour sa part la coiffure asymétrique ridicule et le nom, sous lequel, entouré de deux godiches, ils commettra les plus vulgaires des boursouflures synth-pop néo-disco des années 80. Genre « Don’t You Want Me », incontestable numéro 1 de la liste des tubes casse-burnes !




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par getfever publié dans : Fast & Sensible (1/77 - 12/78)
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Mardi 5 février 2008

MAGAZINE-SHOT-BY-BOTH-SIDES.png

Une fois le contrat signé, le premier problème à résoudre était de savoir quoi enregistrer pour ce premier single essentiel. Shot By Both Sides serait évidemment en face A. En face B, My Mind Ain’t So Open, tout aussi déterminant avec son break de sax hurlant (à la Funhouse) et sa guitare rugueuse, fournirait à tout punk qui n’aurait pas été convaincu par la face A une raison de retourner l’objet. Pour Devoto, le single n’était pas tant un nouveau commencement que le sommet d’une ascension moins que linéaire vers un mélange de commercial et d’impact culturel.

Howard Devoto:

J’avais ce genre de notion selon laquelle Magazine, pour moi, ne s’était réuni que pour enregistrer Shot By Both Sides. La nuit où j’ai enregistré le chant, je me souviens avoir pensé, «Il n’y a pas de moment plus intense que celui-là dans ma vie. J’ai attendu deux ans pour arriver à ça.» Ça en disait simplement beaucoup sur ce que je pensais de la vie, et sur les problèmes que je rencontrais.

Comme pour Richard Hell avant lui, il semblait presque que la sortie en janvier 1978 de ce single signalait qu’il était temps pour lui de prendre le bateau pour l’Afrique. Quand Top of the Pops a demandé à Devoto de mimer le single, il a refusé. Peut-être était-il trop occupé à emballer ses livres pour le long voyage dans l’obscurité. Finalement, il a accepté de chanter en direct la semaine suivante, pour ne fournir qu’une performance bizarrement cataleptique qui n’a fait qu’achever les espoirs du single d’atteindre une place élevée dans les charts. Comme il le confirme franchement, «On n’a pas très bien joué le jeu de Top of the Pops.»
Début février 1978, Devoto avait largement assez de chansons pour enregistrer un album. Mais des interviews données la semaine de la sortie de Shot By Both Sides montraient qu’il était toujours intrigué par la possibilité que quelque chose d’aussi ésotérique que Magazine puisse toucher le grand public.

Howard Devoto:

Je pense que l’argent peut rendre ça intéressant – céder aux exigences d’un marché est peut-être un peu plus intéressant que juste se tenir dans un coin à se parler à soi-même. C’est comme de décider quel genre de musique tu vas jouer: si tu vas jouer pour une vingtaine de personnes du coin, ou voir si tu peux atteindre le marché grand public et trouver une espèce de compromis. [1978]

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.2 / p.345-346)


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Shot by both side (TV)

Howard Devoto réussissait avec son premier single un coup de maître. « Shot by both side », 30 ans après est toujours aussi décapant, mais son titre dit bien la situation de Magazine à l’époque : trop « évolué » pour les punks rigoristes, trop extrême pour le « grand public ». Magazine dès sa création était un groupe « culte »… et le restera.




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par getfever publié dans : Manchester (1/77 - 6/78)
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Lundi 4 février 2008

Onlyonesgirl.jpg


Comme les Clash, les Only Ones n’avaient fait qu’échanger des coups pour rire avec les Yankees cet hiver-là, revenant en septembre pour cogner. Cette fois-ci, ils avaient un tour-support pour leur randonnée de vingt-six dates, bien qu’ils aient eux aussi été obligés d’accepter une autre idée stupide de CBS. Exerçant son pouvoir contractuel, le label a décidé de sortir un album «sampler» (Special View) d’extraits des deux premiers albums anglais – plutôt que de publier le deuxième, Even Serpents Shine, qui aurait fait l’effet d’une bombe. Malheureusement, cette tournée américaine s’est révélée particulièrement déprimante pour Peter Perrett, qui semblait prêt à laisser tomber avant la chute du rideau.

John Perry:

Il me semble qu’à un moment, il a perdu ses illusions au sujet des Only Ones. Je pense qu’il avait une vision plutôt simpliste de la façon dont ça se passerait – bang, bang, bang, bang, on va être énormes. Et il me semble qu’après ça, il n’a plus écrit de grandes chansons.

Le batteur Mike Kellie a une explication plus simple, «Peter... était juste trop défoncé et personne ne lui a donné de claque.»
Quand les Only Ones sont revenus aux États-Unis l’année suivante, pour promouvoir leur décevant troisième album, Baby’s Got A Gun, Perrett menaçait de perdre complètement les pédales. Bien que ne possédant pas d’arme, il a été reconnu coupable d’agression armée après avoir foncé en marche arrière sur un gardien trop zélé dans un parking de San Francisco. Heureusement, le temps que la convocation en justice arrive, il était déjà dans l’avion du retour. Mais pour les Only Ones, c’était la fin. Nick Kent a déclaré à la biographe de Perrett, «C’était un beau mec et il avait tout trop facilement, ça l’a rendu faible.» Kent savait de quoi il parlait…

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.2 / p.526-527)


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Another girl, another planet (live)

Ils ont loupés eux aussi a peu près toutes les marches vers la gloire... Ils laissent cependant cette chanson absolument parfaite. Ce n'est pas tout à fait rien...




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par getfever publié dans : No wave 1977-1980
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Dimanche 3 février 2008

wreckless-Ballroom-Ticket.jpg

L’enregistrement et la sortie de New Rose (des Damned) annonçaient un changement de direction significatif pour Stiff, qui, observe Wreckless Eric, «avait en partie été fondé pour publier de nombreux live de groupes de pub-rock enregistrés à l’Hope’n’Anchor». Après que plusieurs singles dus à des vestiges de cette scène, comme Tyla Gang, Roogalator, Plummet Airlines et Lew Lewis, n’eurent créé qu’une vaguelette dans l’océan des magasins de disques, il était urgent de revoir la question. Heureusement pour Rivera et son associé, Dave Robinson, «La scène musicale était en train de changer et tant de gens nouveaux arrivaient... que les trucs pub-rock ont été enterrés et oubliés.»

Telle était la situation quand le jeune Eric Goulden, un ex-étudiant en art de Hull, s’est pointé aux bureaux de Stiff au mois d’octobre avec une cassette de chansons originales.

Eric Wreckless :

J’avais décidé que je préférais jouer de la musique plutôt que de m’excuser de faire des sculptures merdiques... Je suis descendu à Londres parce que je pensais que j’étais un peu largué à Hull... Je pensais que Stiff devait avoir un grand bureau dans un immeuble de bureaux, tu sais. Mais quand je suis arrivé, il n’y avait que cette minable petite devanture de magasin, pleine de gens. Alors je suis entré... et j’ai juste dit, «Je suis un de ces connards qui apportent des bandes aux maisons de disques.» [1977]

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 2.3 / p.150-151)


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A pop song (clip)

Classé dans le tiroir "punk" pour son affiliation a Stiff Records, Wreckless Eric n'a jamais été vraiment autre chose qu'on pub rocker. Mais cette satyre délicieuse méritait bien une inclusion sur ce blog!




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par getfever publié dans : Premiers vinyles (9/76 - 12/76)
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Samedi 2 février 2008

richard_hell_blank_generation.jpg


Stiff Records voulait faire signer à Devo un de ses contrats habituels à court terme, s’arrangeant même pour acheter une palette de singles Jocko Homo au groupe au cours du deuxième voyage de celui-ci à New York en juillet 1977. Ce n’était pas la première tentative de Stiff d’attirer le meilleur du nouvel underground américain. Le septième single du label, sorti en novembre 1976, avait été le premier vinyle tant attendu de Richard Hell, son hymne à la jeunesse sauvage, (I Belong to the) Blank Generation.

Ayant quitté Television en mars 1975, Hell avait formé The Heartbreakers avec deux ex-New York Dolls, Johnny Thunders et Jerry Nolan. Nouvelle «tentative courageuse de fusionner deux formes incompatibles», les Heartbreakers ont enregistré leur répertoire entier de neuf chansons (dont Chinese Rocks, Blank Generation, Love Comes In Spurts et Pirate Love) dans un studio de Yonkers en janvier 1976, dans l’espoir de susciter l’intérêt des maisons de disques.
Toutefois, ce n’est pas avec les Heartbreakers que Hell a finalement mis au monde sa chanson emblématique. En avril 1976, ainsi que l’avait prophétisé McLaren, Hell avait décidé que «la musique était simplement trop bestiale pour moi. Il était clair qu’il n’y aurait jamais aucune autre sorte d’ambition musicale que de produire un rythme bien lourd». À la place, l’EP présentait son propre groupe, les Voidoids, formés essentiellement pour les besoins du disque, suscitant les lamentations de Sniffin’ Glue, «Il y a trop de solos de guitare... J’aurais voulu l’entendre avec Television ou les Heartbreakers.»

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.2 / p. 233-234)


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Blank Generation (clip)

L'histoire a tranché : l'inventeur des t-shirts déchirés remis d'aplomb avec des  épingles de nourrices, c'est bien lui. Symbole de tous les excès (de dope, d'ego, de désespoir) Richard Hell aux dernières nouvelles est toujours vivant (heureusement qu'il existe des gens comme Pol pour me rafraîchir les souvenirs : c'est son compère des Heartbreakers Johnny Thunders qui a fait une OD à la Nouvelle Orléans) et a laissé à la postérité au moins un hymne... For ever : Blank Generation.




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par getfever publié dans : New-York & Cleveland 1975-1977
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Vendredi 1 février 2008
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Rob Symmons:

Quand on a commencé à jouer, on était absolument nuls. On a demandé à être retirés de la tournée. Je ne savais pas qu’il fallait accorder sa guitare. Je me contentais de tourner les clés jusqu’à ce que les cordes soient tendues. La première fois qu’on a joué, c’était... du bruit. Les gens s’asseyaient dans le public avec les doigts dans les oreilles... On a dit aux Clash, «On n’est pas un vrai groupe comme vous le voudriez. On ne peut pas le faire.» Ils ont répondu, «Non, non, continuez comme ça»... Joe et Mick montaient sur scène, me passaient leurs guitares et accordaient la mienne.

La presse semblait partager les inquiétudes du Sect. Nick Kent, dans son compte-rendu de Harlesden, se donnait du mal pour comprendre comment un groupe pouvait avoir «une telle obsolescence planifiée, une telle attitude de vacuité... des instruments aussi merdiques... et une telle incapacité résolue à plaquer même le plus quelconque des accords». L’article de Sounds consacré à la tournée par Giovanni Dadomo les décrivait comme ayant l’air «d’écoliers déplacés dans des vieux vêtements de troisième main», mais avec un son qui possédait «beaucoup de nuances d’autres groupes new wave plus familiers».

Rétrospectivement, il est difficile de comprendre ce que Dadomo croyait entendre. Une fois ses limites admises, le Sect suivait assurément sa propre voie. Comme le dit Symmons, «On faisait joyeusement notre propre truc. On ne voulait faire partie de rien. Vic recevait des appels des gens du Roxy, disant, “Venez jouer ici.” Il répondait toujours non. On était assez insulaires. On était anti-rock & roll. On pensait réellement que les Pistols détruisaient le rock & roll. C’est ce que je croyais... Je pensais que c’était la fin du rock. Je pensais que jouer faux faisait entièrement partie du punk – jouer une musique dissonante.»

Malgré cette dissonance délibérée, le Sect a trouvé un écho chez certains «qui aimaient tout ça – juste faire du bruit». Mark Stewart, du Pop Group, était l’un d’eux. Les ayant vus à Harlesden, il a adoré, «Pour je ne sais quelle raison, Subway Sect a touché une corde sensible en moi. Ils portaient des vêtements gris, avaient un mur de son très puissant et j’adorais leur nonchalance. Quand tu es gamin, tu remarques comment se tiennent les gens et comment ils se comportent.»
Julian Cope, futur Teardrop Explodes, a vu la tournée à Eric’s, l’équivalent punk de la Cavern, et a été captivé:
En chemises noires unies et pantalons noirs décontractés, les quatre membres de Subway Sect sont montés tranquillement sur scène, d’un air gêné. Le batteur avait un kit minuscule avec un tom basse. Le guitariste avait une Fender Jaguar et un brassard jaune. Le bassiste était complètement anonyme et le chanteur se tenait dos au public en mangeant un sandwich. La batterie et la basse ont commencé ensemble, sur un rythme mid-tempo assez lent: Boom-bum-bum-bum, Boom-bum-bum-bum, Boom-bum-bum-bum... Puis une seule petite note de guitare: Bow, bow, bow, bow, bow... Pendant au moins une minute, le riff a continué immuablement, puis le chanteur s’est négligemment retourné, le micro dans sa main gauche. Avec sa main droite, il a écrasé les restes de son sandwich au plafond et commencé à psalmodier dans le micro. C’était presque puritain. Je n’avais aucune idée de ce qu’il chantait, mais ça donnait l’impression qu’il avait voyagé dans le futur et qu’il nous en parlait.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.3/ p. 253-254)


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"Ambition" & "Out of touch" (live) + interview

Deux titres enregistrés en répétition pour le TV allemande, dans le mythique "rehearsal rehearsals", local de répétition de The Clash (The Subway Sect avait le même manager : Bernie Rhodes)




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par getfever publié dans : The Children of The Revolution (3/77 - 8/77)
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Babylon's Burning !

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