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Mercredi 20 février 3 20 /02 /Fév 10:19

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Comment conclure ce blog événementiel? Le dernier extrait du livre publié hier, relatant le suicide de Kurt Cobain écrasé par ses contradictions et son mal-être, est-il vraiment un point final?
A bien y regarder, sans doute pas... Il écrivait dans sa dernière lettre "it's better to burn out than to fade away..."
Citant en fait une chanson de Neil Young, écrite en hommage à ... Johnny Rotten.
Alors, citons Neil Young pour finir, la même chanson : "The king is gone but he's not forgotten". Et quand celle par qui, quelque part, tout à commencé, Patti Smith l'intouchable reprenait l'année dernière un titre de Nirvana parmi 12 autres classiques l'ayant personnellement touchée, ne nous disait-elle pas en fait qu'une certaine idée du punk ne mourra jamais?



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Smells like teen spirit (live)

Un classique de la rébellion adolescente repris, dans une version acoustique, apaisée, par une très grande "vieille" dame qui a une page My Space... Je vous laisse le soin d'en tirer la conclusion...





Par getfever - Publié dans : Epilogue
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Mardi 19 février 2 19 /02 /Fév 10:11

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Cobain mijotait maintenant dans ses propres contradictions. Quand Simon Reynolds a assisté à un show, à New-York à la fin de 1993, il a vu une immense médiatisation mais pas d’espoir:

Cobain semble avoir accepté tous les faux espoirs engendrés par le rock, toutes les trahisons, comme son propre fardeau, son droit d’aînesse maudit. Greil Marcus le dit, «C’est comme si la source de la dépression n’était pas que le rock soit mort mais qu’il refuse de mourir»... D’une certaine façon, In Utero est son Public Image, un rejet de son propre statut d’icône. Alors qu’il continue à être atrocement mal à l’aise face à toutes les contradictions déchirantes consistant à transformer la rébellion en dollars, je suis sûr qu’il y a de grandes chansons à venir, mais mon Dieu, je ne voudrais pas être dans ses pompes. – MM27/11/93.

Reynolds avait tort sur un point – il n’y avait plus de chansons à venir, grandes ou autres. Une tentative de concert Unplugged, le même mois, a donné une excuse à Cobain pour reprendre des chansons de gens comme les Meat Puppets (deux du II), David Bowie, les Vaselines et Leadbelly. Mais Cobain avait peur d’aller jusqu’au bout et de publier une telle performance, fascinante et pourtant intimiste, comme nouvel album de Nirvana.
Celui-ci n’est sorti qu’après sa mort, quand certains journalistes ont un peu trop essayé de voir des signes dans le choix des chansons (les reprises de Jesus Don’t Want Me For A Sunbeam et de Lake of Fire, en particulier, ont eu droit au traitement complet de «lecture entre les lignes»). Andrew Mueller, du MM, avait tout compris quand il décrivait la session comme «approximativement située à mi-chemin entre Automatic For The People de REM et I Am The Cosmos du guitariste de Big Star, Chris Bell, présentant l’allure de dignité résignée du premier, la démence désespérée du second et l’âpre honnêteté des deux.»

Comme Chris, Kurt n’a pas vécu assez longtemps pour voir son acte d’apostasie acoustique apparaître en magasin. Mais Automatic For The People était sorti un an après Nevermind et consolidait encore le succès de REM dans une voie qui surprenait même leurs fans les plus respectueux – allant presque jusqu’à rattraper Nevermind. Dans l’esprit de Cobain, cela montrait qu’il était possible qu’un disque se vende à plusieurs millions d’exemplaires en baissant le volume et en pratiquant une forme de rock alternatif presque atmosphérique; et que s’abstenir de se prêter au rituel des tournées n’était pas forcément un suicide commercial (REM n’a donné qu’un seul concert secret, au 40 Watt Club d’Athens, pour «promouvoir» Automatic). Il a aussi découvert en Stipe, le chanteur de REM, une oreille tout aussi attentive que celle de Genesis l’avait été pour Curtis, quand la pression a commencé à avoir raison de lui.

Mais d’une certaine façon, tout semblait dépasser le garçon d’Aberdeen, qui voulait simplement que tout le monde ressente sa douleur. Si Stipe pouvait écrire quelque chose comme Everybody Hurts, tout ce que Cobain pouvait dite, c’était «I Hurt» (tout comme Curtis ne pouvait apparemment pas aller au-delà de «I’m fucked»). Début avril 1994, après avoir quitté un centre de désintoxication, il est rentré chez lui une dernière fois, a écrit une lettre regorgeant de haine de lui-même, mis Automatic For The People sur le lecteur CDet appuyé sur la gâchette. Au moins, cette fois, il n’aurait pas besoin d’écrire une note à un quelconque docteur qui aurait osé le sauver, comme il l’avait fait un mois plus tôt à Rome. Ce message était sec, mais sincère: Fuck You.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (Epilogue  / p.656-657)



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Come as you are (live)

Pas simple de choisir parmi les nombreuses sources disponibles pour revoir Nirvana en action… J’ai retenu finalement une version a début hésitante, paniquée presque, déchirante en tout cas de « Come as you are » enregistrée en Hollande. Parce que Cobain, ad lib, y chante « I don’t have a gun » et que finalement, si, il en avait un… »




Ne manquez pas la présentation détaillée du livre "Babylon's burning" sur le site de son éditeur "Au Diable Vauvert" (possibilité de commande en ligne, sans frais de port pour la France métropolitaine)

Par getfever - Publié dans : Epilogue
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Lundi 18 février 1 18 /02 /Fév 10:33

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Danny Furious:

J’étais totalement sans voix devant cette «espèce de Marilyn rousse» qui s’habillait avec des fringues fifties vintage, en opposition totale avec les autres peintres de l’école... C’était la fille la plus fascinante que j’avais jamais vue! Donc j’ai... fait ma demande, «Veux-tu chanter dans notre groupe?» Elle a dit, «Non, je veux être actrice. Je ne connais rien au rock & roll.»

En fait, Houston savait beaucoup de choses sur le rock & roll, même si elle n’était pas aussi immergée dans les Stooges que ses camarades des Avengers, Danny Furious et Jimmy Wilsey. Comme elle l’a dit à Search & Destroy, «Mon principal tournant... c’est quand j’ai entendu Horses de Patti Smith... J’adorais son visuel, la façon dont elle sonnait... Elle a montré que tu n’as pas besoin de compromettre ton intelligence pour être attirante, punky ou sexuelle sur scène.» Bien que Houston dise qu’elle «n’avait aucune intention de devenir une légende du punk-rock... j’allais être peintre», l’expérience de la fête dans le loft l’a convaincue de continuer, mais à une condition – des chansons originales.


Danny Furious:

Notre premier vrai concert (au Mabuhay, 11/6/77) était un show-case des Nuns et on n’a joué que des chansons originales. C’était en partie dû à Penelope, qui était descendue à Hollywood s’éclater quelques jours avec les Screamers. Penelope était de Seattle, où les Screamers... étaient également basés... À son retour d’Hollywood... elle a annoncé «qu’on devrait avoir nos propres chansons!»... Alors on a écrit les cinq ou six premières... dont I Want In, Fuck You, Vernon Is A Fag, My Boyfriend’s A Pinhead, Teenage Rebel et Car Crash.

Si tout ici était l’habituel régime punk – du type «baise ta mère, flingue ton père» –, Houston a bientôt écrit des chansons beaucoup plus cinglantes – et tout aussi politiquement incorrectes – comme We Are The One («Je suis celle qui t’apporte le futur / Je suis celle qui enterre le passé»), The American In Me et White Nigger. Bien qu’ils soient restés à San Francisco, les Avengers continuaient de descendre régulièrement à L.A., alternant le Masque et le Whisky. Grâce à leurs liens avec les Screamers, ils ont bientôt fait partie du catalogue Dangerhouse. Enregistré en dix heures d’affilée, l’EP des Avengers pour Dangerhouse deviendrait le disque le plus populaire du label et un appel à l’action pour que tous les déshérités californiens commencent à croire en eux-mêmes.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 5.1 / p.396-397)


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The American in me (live)

The Avengers étaient la première partie du dernier concert des Pistols...




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Par getfever - Publié dans : Californie 1977-1979
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Dimanche 17 février 7 17 /02 /Fév 10:13

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Martin Bramah:

Vivant à côté de l’hôpital psychiatrique Prestwich, qui était une ville en lui-même et employait beaucoup de gens à Prestwich, on était très conscients de tout ça. En fait, beaucoup de malades mentaux se baladaient dans le village de Prestwich à l’heure du déjeuner, ça faisait simplement partie de la vie. Il y avait une femme qui insistait pour se tenir au milieu d’un passage piéton sur Market Street, se coiffant, montrant les avions du doigt et arrêtant la circulation. Ces gens étaient partout dans Prestwich, et donc ils ont trouvé leur chemin dans les chansons. Una travaillait comme infirmière à l’hôpital psychiatrique... Enfant, on vivait dans la peur d’y être emmené et de ne jamais en ressortir – ça arrive – parce que c’était l’endroit où vivaient des hommes effrayants.


De telles expériences ont peut-être mis The Fall à part parmi les groupes de Manchester, mais même ceux qui les avaient aidés en route et avaient des conceptions communes de la vie dans les rues du nord de Manchester, ont vite été rejetés par Smith. Dans le premier article de Sounds qui lui était consacré, il affirmait, «Il y a les groupes intellos, comme Devo et Magazine, et il y a les groupes de heavy metal... On veut rester en dehors de ce genre de classifications.» La paranoïa latente de Smith le poussait à imaginer que les membres des Buzzcocks – tous fans de The Fall – parlaient au groupe dans son dos, disant, «Vous êtes super, mais il faut vous débarrasser de ce chanteur.» Même Warsaw, qui partageait le même intérêt pour le bruit, les racines du Manchester Music Collective et l’équipe de foot de City, et gravissait les mêmes échelons, était traité avec un dédain mal déguisé.

Martin Bramah:

On détestait la plupart des autres groupes, parce qu’on pensait qu’ils n’étaient que de vulgaires punk-rockers. On pensait avoir laissé le punk derrière nous après seulement quelques mois. On ne pensait pas être punk, même six mois après avoir vu les Pistols, parce qu’il a tout de suite été clair que c’était devenu un mouvement de mode. Ce n’était qu’épingles à nourrice et pantalons bondage. On ne s’était jamais habillés comme ça. Les Sex Pistols ne s’habillaient pas comme ça quand on les a vus la première fois. C’était le chic Oxfam. On partageait les mêmes locaux de répétition sur Little Peter Street que des groupes comme Warsaw, mais on ne se parlait pas, même dans l’escalier. On se haïssait. On jouait dans les mêmes endroits et on ne pouvait pas se saquer. Je ne leur parle toujours pas. Ça vient de cette hostilité des jeunes garçons qui pensent être dans un gang, pas dans un groupe.

Ils gardaient aussi de la place dans leurs profonds abîmes de mépris pour la plupart des gens du sud, en particulier les victimes londoniennes de la mode punk. Interviewé par le NME neuf mois après leur premier concert londonien, Smith se souvenait encore comment «personne n’a réagi d’aucune façon. Tout le monde se tenait là, à poser... On n’avait pas d’argent pour boire un coup; et tous ces gamins des rues en costumes bondage sirotaient des vodkas orange». Hors de question pour The Fall d’envisager de quitter Manchester, à la recherche du gros contrat. Même quand l’un d’eux a croisé leur route, ils n’ont pas eu le moindre scrupule à le rejeter.


Dick Witts:

Je me souviens de ce concert qu’on a fait à Kirkby avec The Fall – c’était dans une salle de banquet – et il y avait ces deux mecs qui venaient de Londres. Ils sont venus backstage et nous ont dit, «Nous aimerions vous manager, mais il y a juste une ou deux choses que nous aimerions vous dire – avant tout, vos vêtements – c’est un peu n’importe quoi – et deuxièmement, il faudrait mettre la fille devant.» Bizarrement, Mark ne les a pas frappés, ou traités de pauvres types, mais on était tous pliés, essayant
désespérément de ne pas rire.

Évidemment, une telle intégrité les a laissés sur le carreau quand les maisons de disques ont manifesté leur intérêt, même quand les journaux musicaux ont commencé à parler d’eux, à la fin de 1977.


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.2 / p.331-332)


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Reportage "So it Goes"

The Fall est le seul groupe né dans la période punk qui n'a jamais cessé d'être en activité (même si le "groupe" s'est vite trouvé être Marc E Smith en solo)... Discographie inégale, mais prolifique, concerts parfois géniaux, parfois tragiques. Un monument à découvrir ici filmé par la TV locale de Manchester à leur début.




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Par getfever - Publié dans : Manchester (1/77 - 6/78)
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Samedi 16 février 6 16 /02 /Fév 10:13

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Il semble que l’influence prépunk la plus importante sur cette scène du Nord-Ouest ait été celle de Black Sabbath, dont le heavy-rock plombé n’est quasiment jamais passé sur les FM de classic-rock, peut-être parce qu’ils sonnaient par moments comme un groupe échappé d’une maison de fous. Mark Arm admet, «Je ne me suis pas branché Black Sabbath avant 1983, mais c’était sans aucun doute un point de référence pour nous... Ça ne passait pas à la radio... sauf peut-être Paranoid sur les stations Top 40. Mais quand j’écoutais des stations rock... Black Sabbath ne passait quasiment jamais. Tandis qu’on entendait sans arrêt Zeppelin.»

Le Sabbath des débuts avait une qualité surnaturelle qu’on ne retrouvait pas chez les préférés des FM, Zeppelin et Purple. En ajoutant ça au patrimoine héréditaire punk, et en le mélangeant à des rafales de riffs hardcore accélérés, les Melvins et leurs camarades du Nord-Ouest ont produit un genre de punk-rock beaucoup plus gluant. Et ils l’ont appelé «grunge» (mais pas tout de suite). Avant qu’il ne
déferle, Soundgarden commencerait à fouiller dans la même vase,  et les deux groupes qui ont finalement donné naissance à Mudhoney et Pearl Jam – Green River et Mother Love Bone – devraient vivre et mourir dans une relative obscurité.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 7.3 / p.633-634)


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Burn it clean (live)

Quand il se réincarne une dernière dans le Nord-Ouest Américain, de côté de Seattle, le punk n'a plus grand effectivement plus grand chose à voir avec l'explosion originale. Reste l'enveloppe : jouer vite, jouer fort.




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Par getfever - Publié dans : Seattle 1984-1981
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Vendredi 15 février 5 15 /02 /Fév 10:13

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Siouxsie Sioux prenait son temps. Son petit ami/bassiste Steve Severin s’en souvient, «Il s’est passé six mois entre le festival du 100 Club et notre concert suivant... Pendant qu’on restait dans l’ombre, les autres membres de la bande disaient, “Vous allez laisser passer votre chance.” À Noël, tout le monde pensait, “C’est foutu.” Mais il n’y avait pas d’autre façon de faire. On ne pouvait pas s’améliorer en un jour et on n’avait ni matériel ni argent.» Ils ont pas mal tâtonné pour trouver leur son.

Steve Severin:

Après notre premier concert, Nils [Stevenson] a presque immédiatement... essayé de nous pousser à former un vrai groupe. Kenny [Morris] est venu nous voir juste après le set et nous a dit qu’il voulait jouer de la batterie. Il avait été un moment batteur de Flowers of Romance... mais je ne pense pas qu’ils aient fait plus d’une répétition. Pendant environ deux répétitions, on a eu Simone – la fille noire aux cheveux blonds qui était à l’interview de Grundy –, une violoniste classique. On devait jouer du Velvet. Mais les premières chansons qu’on a commencé à écrire ne ressemblaient absolument pas à du Velvet, et le violon semblait être une perte de temps. J’ai écrit tous les textes du début... Je pense que Peter Fenton était le petit ami d’une des amies de Simone, et c’était la seule personne qu’on connaissait qui savait jouer de la guitare.

Steve et Siouxsie avaient un plan, piocher dans les collections de disques de chacun pour en faire un tout cohérent. Severin raconte, «Le seul album qu’on avait en commun quand on s’est rencontrés, c’était Fear de John Cale. Elle m’a branché sur Brass Construction, et je lui passais mes albums de Can et de Captain Beefheart, et on aimait tous les deux Bowie, les premiers Roxy Music et Bolan.» Ils étaient convaincus que le punk était déjà en train de se vulgariser et, comme l’expliquerait Siouxsie l’année suivante, «Certains aspects manquaient dans ce qui se passait – il fallait un point de vue différent, mais avec le même impact.»

Severin admet, «En ce qui concerne l’attitude... la façon d’approcher le business, et la vie en général, tout vient de l’explosion des Pistols.» Mais la musique des Banshees, telle qu’elle était maintenant construite, «venait d’une époque avant les Pistols». Comme il l’a dit au biographe des Banshees, Mark Paytress, «Il  y avait une immense diversité de sons parmi les groupes du début. Aucun ne sonnait comme Subway Sect, ou les Buzzcocks, ou même les Clash à ce moment-là.» Les Banshees se voyaient comme une continuation de cet idéal.

Les Banshees sont sortis de leur cocon juste à temps. Après des concerts d’échauffement à Croydon et High Wycombe, ils sont apparus au Roxy avec un Lord’s Prayer raccourci, des reprises du 20thCentury Boy de Bolan et de la musique de série télé Captain Scarlet, ainsi que des chansons bien à eux, portant des titres comme Love In A Void, Bad Shape, Psychic et Scrapheap. Bien que Siouxsie ait encore besoin d’apprendre la différence entre hurler et chanter, leur premier passage au Roxy, en première partie des Heartbreakers le 2 mars, s’est attiré les louanges d’un Giovanni
Dadomo étonné, qui supposait qu’ils étaient le même groupe que celui du Punk Festival. Cette fois, il a découvert «un quartet extrêmement puissant», «des morceaux montrant une classe et une intelligence considérables» et «un vrai potentiel». Tout le monde ne partageait pas son enthousiasme.

Siouxsie Sioux:

Je ne me souviens pas de beaucoup des premières critiques, mais je me souviens d’une citation de Glen Matlock qui disait, «Je ne sais pas ce que c’est, mais ce n’est pas du rock & roll.» Il pensait que c’était une insulte, mais pour nous c’était le plus grand compliment que quiconque ait pu nous faire.


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 3.1 / p.207-208)


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Love in a Void (TV live)

Siouxsie trainait dans les coulisses dès les prémisses de l'aventure punk. C'est elle qu'on voit derrière les Pistols lors de leur interview au Bill Grundy Show, et son look "seins nus et brassard svastika" fit les délices des photographes de la presse tabloid. Mais lorsqu'elle pris le devant de la scène, ce fut pour tracer une des trajectoires les plus originales de la new wave, devenant la Reine du Gothique.




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Par getfever - Publié dans : Punk-art (1/77 - 4/77)
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Jeudi 14 février 4 14 /02 /Fév 10:13

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Hugo Burnham:

Les Américains ont été abasourdis quand on a tourné là-bas parce qu’on rockait dur, plutôt que de se tenir plantés là dans des longs imperméables à avoir l’air malheureux, comme tout bon groupe postpunk. C’est pour ça qu’on a si bien marché aux États-Unis. La propension à rocker est plus ancrée dans le psychisme des jeunes Américains qu’en Europe. C’est pour la même raison que les Clash ont eu tant de succès en Amérique.

Gang of Four était particulièrement déterminé à réussir en Amérique, peut-être parce que le funk faisait tant partie de son austérité. Ou bien parce que Gill et King étaient impatients de montrer à tous les New-Yorkais qui se souvenaient d’eux de l’été 1977 qu’ils étaient dans un groupe. Mais, initialement, Gang of Four n’avait pas signé de contrat pour l’Amérique, ayant vu comment les choses s’étaient passées pour les autres. À la place, ils ont tracé leur propre chemin, se construisant peu à peu un public.

Andy Gill:

On a enregistré Entertainment! vers mai-juin 1979, et dès qu’on a eu fini, on est allés directement aux États-Unis. On n’avait pas de contrat là-bas à ce moment-là. On avait signé avec EMI, mais c’était pour le reste du monde. On voulait un autre contrat et toucher un peu d’argent comme ça. Ça a marché, mais l’inconvénient c’est que ça a pris pas mal de temps... On a tourné en Amérique dans une camionnette, jouant dans des petits clubs devant cent ou deux cents personnes. Ça s’est développé à partir de là.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.2 / p.528-529)


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To hell with poverty (TV live)

Les grands sentiments font rarement de la bonne musique...  Et les dance-floors sont une mauvaise tribune pour les discours politiques. Mais toute règle a ses exceptions : Gang of Four, une voix à gauche toute sur une basse en fusion. Toujours aussi pertinent.




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Par getfever - Publié dans : No wave 1977-1980
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Mercredi 13 février 3 13 /02 /Fév 10:24




San Francisco possédait déjà son grand secret protopunk, des expérimentaux bizarres et farfelus. The Residents publiaient des disques depuis cinq ans mais on ne les avait jamais vus; ils se limitaient à produire sporadiquement des vinyles sur leur propre label, Ralph Records. La reconnaissance d’une certaine association entre art et punk est venue dans le numéro 3 de Search & Destroy, qui contenait le Complete Residents Handbook, un programme en neuf points de libération musicale auquel tous les punks pou-
vaient s’identifier:

Les Residents pensent que le livre des règles musicales est bizarre. Ils le lisent parfois aux toilettes... Ils essaient de produire les séries de bruits enregistrés les plus intéressantes jamais entendues. Ces bruits sonnent parfois vaguement comme de la musique... Les Residents s’isolent de leur public pour s’assurer que leur travail est un produit de leurs propres désirs.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 5.1 / p.399)


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One minute movies (clip)

On pourra débattre du caractère "punk" de ces expérimentations... Et s'ils étaient en fait l'essence d'un certain esprit punk, "arty DIY" ???




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Par getfever - Publié dans : Californie 1977-1979
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Mardi 12 février 2 12 /02 /Fév 10:13

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En octobre 1977 – un an après que Matlock eut enregistré son premier single pour EMI– les Rich Kids reconstitués ont de nouveau enregistré chez EMI, avec Midge Ure au chant. En décembre, ils étaient prêts à prendre la route, même si leur premier single, Rich Kids, n’était pas attendu avant la nouvelle année (bien qu’une Peel Session en octobre leur ait donné de bonnes raisons d’être optimistes). Les Rich Kids ont même entamé leur tournée d’avant Noël au Lafayette’s à Wolverhampton – là où avait commencé la tournée SPOTS– deux jours avant que les Pistols ne se lancent eux- même dans une nouvelle série de dates secrètes. Cette fois, ça s’appelait la tournée Never Mind The Bans (On s’en fout des interdictions), un jeu de mot sur Never Mind The Bollocks (On s’en bat les couilles), l’album n°1 que les Pistols avaient sorti début novembre pour encore plus de controverses, et un procès pour utilisation du mot «bollocks» (conneries, mais aussi couilles), qu’ils ont gagné, après avoir prouvé que c’était bien un vieux mot anglo-saxon, pas plus grossier que «cobblers» (âneries).

La tournée de neuf dates des Pistols semblait systématiquement croiser celle du nouveau groupe de Matlock. Rotten a même été aperçu à leur dernier concert à Huddersfield portant un tee-shirt qui disait: Never Mind the Rich Kids, Here’s the Sex Pistols– une moquerie qui provenait de chroniques de Bollocks suggérant que les deux nouvelles chansons – Holidays in the Sun et Bodies – manquaient d’un certain je-ne-sais-quoi au département mélodie, peut-être parce que c’étaient les Rich Kids qui bénéficiaient maintenant de la sensibilité power-pop de Glen Matlock. Pourtant, ils arrivaient au mauvais moment, dans un pays s’éveillant au punk, pas encore prêt à se diriger vers des horizons plus dégagés.

Glen Matlock:

Quand je jouais avec Iggy, McLaren s’est pointé à Paris, et il m’a dit, «Là où tu t’es planté avec les Rich Kids... c’est que c’était trop tôt.» Et il avait raison. Quand on est arrivés dans le nord, genre, «Voilà le nouveau truc après le punk», les gens qui commençaient tout juste à se mettre au punk ont pensé qu’on les privait de quelque chose.

extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 4.1 / p.299-300)


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Rich Kids (TOTP)

Encore un destin tragique :  Midge Ure, chanteur des relativement excitant et frais Rich Kids finira en pantin "nouveau romantique" dans la seconde version de Ultravox. Pathétique...




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Par getfever - Publié dans : God save the queen (6/77 - 12/77)
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Lundi 11 février 1 11 /02 /Fév 10:17
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Dès 1979, la tension du «leadership» faisait des ravages. Comme l’a dit Wobble, Lydon était «soumis à une grosse pression. Je vois maintenant, à certains égards, des signes classiques de dépression. Il passait énormément de temps silencieux, à regarder des vidéos, pendant des heures. Je me souviens avoir pensé à l’époque, “Putain, John, allez!”» La dépression avait peut-être une source plus immédiate – le décès de sa mère d’un cancer – qui, au printemps 1979, a également donné naissance au vrai chef-d’œuvre de PiL, Death Disco, résultat du chagrin cathartique de Lydon et de la riche imagination instrumentale de Levene, directement branchés sur l’époque.

Keith Levene:

La mère de John était en train de mourir d’un cancer, et tout ça était un peu lourd, je suppose, pour tout le monde. C’est ce que chantait John – avec beaucoup de passion, je dois dire... Je jouais un accord de mi et c’était comme de briser du verre au ralenti... Tout le truc était en mi. C’était très ouvert, parce que tout était littéralement sur une note. Je me suis rendu compte que l’air que je massacrais par erreur était Swan Lake (Le lac des cygnes). J’ai commencé à le jouer sciemment, mais de mémoire... Quand il s’arrêtait de chanter, je jouais Swan Lake. Quand il recommençait, je revenais au truc harmonique et je le développais. [PSF]

Sorti à la fois en format punk 45 tours et en maxi dans une version de six minutes et demie au son sensurround, Death Disco est apparu au terme d’un hiatus de six mois qui n’avait été interrompu que par un unique concert à Manchester. À ce moment-là, certaines personnes avaient rattrapé leur retard et le single a été accueilli par une série étonnante de critiques élogieuses, Roy Carr se demandant pour nous dans le NME, «Que doit-on faire de Death Disco? N’est-ce qu’une nouvelle escroquerie?... Est-ce que, comme certaines personnes l’affirment avec insistance, PiL est incapable d’écrire des chansons?... Eh bien, la question de savoir s’il s’agit d’un canular ou d’une indication du futur reste ouverte. Mais ça existe, ça agace, ça intrigue. Vous ne pouvez pas faire autrement que de continuer à l’écouter. Mission accomplie.»


extrait de "Babylon's burning" de Clinton Heylin (chapitre 6.1 / p.485-486)


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Death Disco (clip)

Avec Keith Levine (membre du Clash original) à la guitare, Jah Wobble à la basse, PIL était presque un "super-groupe"... Que Johnny Rotten redevenu John Lydon sabordera plus ou moins consciemment. Non sans laisser quelques albums (dont le mythique Metal Box) parfaitement recommandables...




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Par getfever - Publié dans : Postpunk 1979
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Si vous avez loupé le début...

Babylon's Burning !

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